08.02.2010
Villemagne l'argentière - Les mines d'argent
Extrait de Capimont, 1939, J.E. CANITROT
En 1164, Raymond Trencavel, vicomte de Béziers, et Ermengade, vicomtesse de Narbonne, signent une transaction sur les mines d'argent de leur domaine et frappent monnaie - sols de Béziers - comme les comtes de Melgueil (ou Mauguio) près de Montpellier - (sols melgoriens). Ils retiennent pour eux la moitié du produit des mines et laissent l'autre moitié aux propriétaires particuliers du sol. Ces mines de plomb argentifère - dont on voit encore sur les bords de la Mare, au Pradal, etc., les excavations - ont contribué à établir jadis la fortune de Villemagne et lui ont laissé le surnom d' « Argentière ».

A-t-on jamais frappé monnaie à Villemagne ? Peut-être le vicomte de Béziers Raymond et son fils Roger Trencavel, et la comtesse de Narbonne, lorsqu'ils venaient y villégiaturer, usant du droit régalien de battre monnaie, y firent-ils frapper sols et médailles... Les abbés de Villemagne ne se prévalurent jamais de ce droit, et le fameux « Hôtel des Monnaies » n'est qu'un nom « dû à la déformation du passé dans l'imagination populaire », car on n'a jamais pu trouver jusqu'ici trace de monnaies et médailles frappées à Villemagne. « Cette grande maison romane, élevée sans doute à la fin du XIIe siècle, n'est qu'un immeuble divisé en quatre logements tous pareils, peut-être occupés d'ailleurs par les employés des mines » (de Dainville) ou servant de pied-à-terre aux fastueux Trencavel de Béziers, de même qu'un autre logis « d'une décoration plus précieuse encore » que l'on trouve dans la même rue de l' « Hôtel des Monnaies », était peut-être à l'usage d'Ermengarde de Narbonne (?).

Villemagne « l'Argentière » était surtout riche en églises. Elle n'en comptait pas moins de six avant les guerres de religion. Trois se trouvaient dans l'enceinte du couvent, et les trois autres dans le village ou à ses portes. Villemagne n'a plus aujourd'hui qu'une église romane en ruines, jadis église paroissiale dédiée à Saint Grégoire et une autre église, celle de l'abbaye bénédictine, l'église paroissiale actuelle, dédiée d'abord au Saint Sauveur, puis à Saint Majan, patron de Villemagne.
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01.02.2010
Montpellier - Francese de Cezelli, une héroïne montpelliéraine au XVIème siècle
Extrait de Vieilles rues de Montpellier, Tome I, Louis ESCURET, 1956
Nous allons conter succinctement l'histoire de cette femme héroïque qui ressemble, sur bien des points, à une belle légende
Francèse de CÉZELLI! ... Ce nom pour beaucoup de Montpelliérains et même pour de nombreux touristes, est totalement inconnu; ils lisent rapidement, parfois même avec indifférence l'inscription gravée sur la plaque, en pierre de Tavel, encadrée des Armes de Montpellier et de Leucate qui rappelle les hauts faits de Francèse:
« Ici vécut Francèse de CEZELLI, nommée en 1590 gouverneur pour le Roi, de la place de Leucate, qu'elle avait héroïquement défendue et gardée refusant de la rendre en échange de la vie de son mari prisonnier »
En 1934, un comité dit de « Francèse de CÉZELLI » se créa. Le but du comité était de conserver le souvenir de Francèse par l'apposition d'une plaque sur la façade de la maison où elle était née. La demande de subvention formulée au Conseil municipal devait être bien accueillie puisque celui-ci, à l'unanimité, vota une somme de trois cent francs, s'associant ainsi par ce geste à cette commémoration; de nombreuses personnalités souscrivirent également, afin de couvrir la totalité des frais engagés. L'inauguration de cette plaque eut lieu le dimanche 27 mai 1934.

En 1560, dans un immeuble portant le n°4 de la rue du Petit Scel et appartenant au noble Jean de CÉZELLI, président de la Chambre des Comptes de la ville, naquit Françoise appelée familièrement Francèse. Cette même année Montpellier était en proie à de grands troubles religieux; ces désordres se multipliant M. de CÉZELLI se retira avec sa fille dans sa propriété d'Ouveillan. C'est à Ouveillan, le 4 avril 1577, que fut célébré son mariage avec Jean de BOURSIEZ, seigneur de Pantnaut de Barri. A l'occasion de cette union l'oncle de ce dernier, se démit, en sa faveur, du gouvernement de la place de Leucate située sur les frontières du Roussillon.
La forteresse de Leucate, fortifiée par François 1er en 1523, était, au moment des guerres de religion, une véritable citadelle bâtie sur la colline qui lui a donné son nom, elle dominait les graus de La Franqui et de La Nouvelle. Lorsque Jean de BARRI partit, le 22 juillet 1589, pour avertir le duc de Montmorency du débarquement, dans le port de La Franqui, de cinq mille lansquenets espagnols et tudesques et recevoir ses ordres, il tomba entre les mains des Ligueurs et des Espagnols qui l'amenèrent à Narbonne. Il put néanmoins faire savoir à sa femme qu'il était prisonnier et que Leucate devait être défendue coûte que coûte. Elle prit alors le commandement et la défense de la forteresse. Essayant de négocier la rançon de ce cher prisonnier en offrant tous ses biens pour le racheter, « tout hormis l'honneur », les Ligueurs refusèrent en lui disant : « Rendez la Place et votre mari vous sera rendu »! Elle eut le sublime courage de refuser à son tour cette offre déshonorante; outrés, ses ennemis, de dépit, étranglèrent Jean de BARRI dans son cachot. Après le siège de Leucate, Henri IV, en reconnaissance lui laissa le gouvernement effectif de la place, fonction qu'elle exerça pendant vingt-sept ans.

Dès 1896, Montpellier avait eu la pieuse pensée d'élever un monument à cette héroïne. Sous l'impulsion du Comité du Félibrige latin, le 15 février 1896, une demande fut adressée à l'administration municipale en vue d'obtenir un emplacement au Peyrou : Cette lettre disait entre autre : « Il convient que la statue de la « Jeanne d'Arc Languedocienne » soit placée face à la ville où elle est née, qu'elle ait à sa droite les vestiges de l'ancien port de Maguelone où elle s'embarqua pour aller défendre la ville fortifiée de Leucate, qu'elle ait à sa gauche la statue équestre de Louis XIV ». Hélas, ce beau projet ne devait jamais se réaliser, seules la plaque commémorative de la rue du Petit Scel et, près du faubourg Boutonnet, une modeste rue appelée longtemps, par erreur, Constance de CÉZELLI, rappellent le souvenir de la vaillante montpelliéraine : Francèse de CÉZELLI.
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25.01.2010
Paris - Les inondations de janvier et février 1910
Excursion exceptionnelle en région parisienne pour commémorer les cent ans d'une inondation spectaculaire de la capitale. La Seine atteint un niveau jamais observé. Les multiples barrages érigés dans les rues ne serviront à rien car l'eau remonte par les canalisations, par le sol, et soulèvent les pavés, les souterrains s'effondrent. Autre conséquence, les ordures ne peuvent plus être emportées, alors elles sont jetées par dessus les ponts. L'activité économique est réduite au strict minimum.
Inquiets par de tels événements relatés par la presse, les gens du Midi réclament des nouvelles à leurs cousins partis pour la Capitale. Ces 6 cartes postales ont été envoyées le 10 février 1910 à une famille de l'Hérault.






Ce que l'on aperçoit sur le sol, ce sont les pavés soulevés par l'eau de la nappe qui remonte. Au fond, un homme monte une passerelle pour permettre aux riverans de circuler sans se mouiller.
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