Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08/03/2010

Abeilhan - La Farce des conscrits

Extrait de Le Folklore du Languedoc, Claude Seignole, 1960

Autrefois tous les conscrits des communes du canton se rendaient au chef lieu, accompagnés des tambours et de la musique de leur village. Au moment du tirage au sort, tous les bons numéros passaient entre deux haies de jeunes gens qui les frappaient à coups de poings sur le dos. Cette coutume a quelquefois provoqué des accidents. Les conscrits plaçaient leur numéro sur le chapeau, dans le dos et sur la poitrine et la fête se terminait par un gros repas, au son de la musique.

abeilhan-002.jpg
(Abeilhan - Le pont)

De retour au village, ils «branlent» et, la nuit venue, s'emparent de toutes les charrettes malencontreusement laissées dehors. Le lendemain matin on les retrouve dépourvues de roues, formant un amas inextricable. Les pots de fleurs, les tas de bois de chauffage transportés à l'autre extrémité du village, les portes des maisons où se trouvent des jeunes filles soigneusement barricadées sont les distractions les plus classiques.

abeilhan-003.jpg
(Abeilhan  La place)

De nos jours avant de passer le conseil de révision, les jeunes gens entassent au milieu de la place publique, tout ce qu'ils trouvent dehors; charrettes, charrues, seaux etc. Cela se fait généralement de nuit pour pouvoir agir impunément. Il s'agit de la farce dite du Barri qui s'exécute en Champagne la nuit du 30 avril au 1er mai. A Lodève il est de tradition de démolir les becs de gaz et les enseignes; mais je crois qu'il en est partout de même. A Avène, après un tapage nocturne en règle, ils passent dans les maisons où il y a des filles et se font offrir à boire.

12/10/2009

Abeilhan - Les bêtes à laine

La communauté d'Abeilhan apportait une attention particulière à l'encontre de la divagation des animaux domestiques laissés en liberté: brebis, anes, chèvres sont surveillés afin de ne pas endommager les cultures.

Le 20 août 1656, le premier consul se plaint que trois ou quatre habitants avaient depuis plusieurs années des bêtes à laine qui ruinaient entièrement les arbres, vignes et bois, dont les terroirs sont complantés et notamment les oliviers qui portent une rente si liquide, et dont elles dévorent le fruit toute l'année et les branches à leur portée; de plus, ces mêmes bêtes à laine mangent les tètes de sarments des vignes, des nouveaux plantiers jusques à la souche, par ce moyen les propriétaires sont privés de les tailler, suivant que la ménagerie le requiert; quant à ce qui regarde les bois et nouvelles plantes, les propriétaires qui y pouvaient faire du bois pour leur chauffage à l'épargne des oliviers, en seront privés, ainsi que des cercles et amarines (osiers) pour leurs provisions, qui épargneraient ceux et celles qui achètent fort chèrement; étant certain et évident que ces terroirs sont sans garrigues, terres-hermes et vacants, ni autres propres au dépaissement du dit bétail.

Abeilhan-01.jpg
(Abeilhan - La place)

Le 30 avril 1662, les consuls sont autorisés par le conseil politique à prendre l'arrêté suivant: Les bestiaux qui iront dans les vignes, olivettes, bois taillis et arbres nouvellement plantés, en aucune saison, seront pignorés (mis à l'amende); pour la première fois 10 livres, la deuxième fois 15 livres et la troisième fois 20 livres payables: un tiers à la confrérie du Saint-Sacrement, un tiers pour les pauvres ou réparations de l'hôpital notoirement ruiné et l'autre tiers aux pignorants (ceux qui dressaient le procès-verbal).
Défense de tenir plus d'ânes qu'il n'en faut pour le labourage, sous peine de payer 3 livres pour chaque âne ou poulain superflus.
Quant aux chèvres, attendu qu'elles portent grand désordre, les consuls les feront vider du terroir dans la huitaine, autrement les pignorer.

Abeilhan-04.jpg
(Abeilhan - Avenue de Servian)