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26/11/2007

Saint-guilhem le désert - Le pont du Diable

La légende du pont du Diable.

Ce pont, qui est presque millénaire, mérite bien un petit détour si vous passez dans le coin. Mais ne vous précipitez pas, laissez passer devant votre chien, votre chat, ou éventuellement votre pire ennemi, etc..., on ne sait jamais, si le diable revenait !

Extrait de "Le cycle de Guillaume d'Orange" de Joseph BEDIER, vers 1920 

Quant on vient d'Aniane, on rencontre d'abord, un peu avant Saint Jean de Fos, un petit cours d'eau, la Clamouse, qui se jette dans l'Hérault. C'est là l'entrée d'une gorge étroite, la gastine, le désert des poètes. Des escarpements de rochers dolomitiques, ça et là, découpés en aiguilles, la dominent, et l'Hérault, parmi ce "desrubant fier" s'est tracé sa voie. Aux abords de St Guilhem, un ruisseau, le Verdus se précipite de la montagne et creuse dans l'Hérault, un gouffre noir.

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(Saint Jean de Fos - Clamouse et ses sources) 

Un pont jeté sur cet abîme, a été construit à frais communs, entre 1025 et 1048, par les deux abbayes d'Aniane et de Gellone. Assis sur la pierre vive et bâti en pierres dures, il a, depuis neuf siècles, résisté aux crues. Je ne sais si les passants, comme les pélerins, continuent à jeter des pierres au démon emprisonné dans le gouffre, mais le pont garde ce nom: le pont du Diable. 

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(Le pont du Diable et l'Hérault, à la sortie des gorges de Saint-Guilhem-le-désert) 

Le folklore local y voit toujours l'oeuvre de Saint Guillaume. Quant il vit que le diable renversait la nuit ce qui avait été édifié à grand peine pendant le jour, Guillaume finit par se lasser. Il appela le Diable et fit un pacte avec lui aux conditions ordinaires: le premier passager lui appartiendrait. Le Saint, plus rusé que Satan, fit connaître le marché à tous ses amis pour les préserver, puis il lâcha un chat qui, le premier, traversa le pont et dont le démon fut bien obligé de se contenter. Depuis ce temps, les chats appartienent au Diable et les chiens à Saint Guilhem.

 

19/11/2007

Andabre, Plaisance - les mines houillères

La vallée de la Mare était au début du siècle dernier, le pourvoyeur en charbon de toute la plaine héraultaise, exploitée par la compagnie des mines houillères de Graissessac. Le charbon extrait de ces mines servait à la production de la vapeur, à la fabrication de la chaux, aux tuileries, au chauffage domestique et à la forge. Aujourd'hui, les anciennes mines ont laissé la place à des terrils.
 
Extrait de Histoire du Canton de Bédarieux de A. FABRE, vers 1900
Au pied du Mont Agut, le bassin houiller s'étend de l'Ouest à l'Est depuis la route de Saint-Gervais à Lacaune jusqu'à la rivière de l'Orb. C'est une étroite bande assez irrégulière, de 20 km environ de longueur, et de 2 à 3 km de largeur. Les premières concessions furent données en 1769, mais depuis de longues années, les habitants du pays connaissaient l'existance de la richesse houillère et retiraient des affleurements, le charbon nécessaire à l'industrie locale des cloutiers. En février 1877, une terrible catastrophe produite par le grisou dans le puits Sainte-Barbe, occasionna la mort de plusieurs mineurs. Depuis cette époque, les soins les plus minutieux sont pris par la Compagnie, et ses chaudières à haute pression envoient, jour et nuit, de l'air pur dans toutes les galeries.
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(Vue d'Andabre)
Lorsque l'on quitte, la nuit, Graissessac pour se rendre à la gare, on aperçoit, sur l'emplacement du puits Sainte Barbe, des jets de vapeur qui, par intervalles assez rapprochés, semblent sortir des entrailles de la Terre, et le bruit régulier des machines donne une impression des plus rassurantes pour la sûreté des mineurs.
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(Vue de Plaisance et des mines houillères de l'Hérault)
Actuellement, Graissessac a trois puits d'extraction: les Nières, Kühnhotz et Duran, et trois mines. Le charbon est lavé et sélectionné avant sa livraison au commerce. La poussière de houille est utilisée dans la fabrication des agglomérés (briquettes et ovoïdes). Les mines occupent à Graissessac, plus de 600 ouvriers et dans tout le bassin, plus de 1400. Elles produisent près de 250 000 tonnes de houille.

12/11/2007

Gignac - ponts et inondations

Gignac et les orages d'automne

A chaque gros orage, on parle de catastrophe exceptionnelle. Les hommes ont la mémoire courte car des récits et des études montrent que les caprices du ciel ont toujours existé. Notre région est sujette à de fortes précipitations, jusqu'à un mètre d'eau en 24 heure !

Extrait du recueil des travaux de l'Institut de Géographie Alpine, 1919

Comme dans tout le Bas Languedoc, les orages d'automne, après la longue période de sécheresse de l'été, ont une violence soudaine et provoquent de véritables désastres. La haute barrière des Cévennes, brusquement dressée au dessus de la dépression méditerranéenne appelle dans les bassins des torrents qui en descendent, des condensations inouies.

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(La vallée de l'Hérault - Le pont suspendu de Gignac)

L'intensité de ces averses dépasse, de loin, celle qui est considérée, en France, comme torrentielle. Elles comptent parmi les plus fortes que notre globe reçoive. Le record du monde de la pluie journalière a été jusqu'ici enregistré à Tcherrapundji, dans l'Inde, le 14 juin 1876. Il tomba à cette station, 1,036 mètre d'eau atmosphérique. Ce record est approché par l'extraordinaire pluie cévenole de 950 millimètres observée à Valleraugue le 28 septembre 1900.

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(La vallée de l'Hérault - Le pont de Gignac)
Les orages provoquent des crues soudaines et certains torrents de nos Cévennes roulent autant d'eau que de grands fleuves. En octobre 1868, l'Hérault s'éleva à 13 mètres et en septembre 1875, à 12 mètres au pont de Gignac, dont le débouché est pourtant de 88 mètres. L'Hérault roula en 1868 et 1875 à Gignac, des débits voisins de 3500 à 3800 mètres cubes, c'est-à-dire, plus que le Rhin (2210 mètres cubes), 10 fois plus que la Seine à son embouchure (300 mètres cubes).