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27/10/2008

Montpellier - Les débuts du théâtre

Bien avant la télévision, les montpelliérains bénéficiaient de loisirs visuels et étaient très nombreux à se presser pour assister à ces représentations. Comme nous le découvrons sur cette page, les autorités ont également très tôt instauré une redevance qui n'est pas sans rappeler une autre redevance plus actuelle.

Au début du 19ème siècle, dans une ville comme Montpellier, le théâtre était ouvert en permanence et donnait une représentation chaque soir. Le directeur renouvelait de temps à autre une partie de sa troupe, qui ne chômait jamais. Au cours du mois de mai 1812, la troupe fut en grande partie renouvelée, et les débuts des acteurs ne furent pas heureux. Le théâtre se vide. Un soir, la chanteuse reçoit une couronne de gousses d’ail pesant 5 quarts de livre, sous laquelle elle tombe évanouie. Petit à petit, la foule, qui abandonne le théâtre, va aux marionnettes devant lesquelles la société la plus élégante se presse.

Mais l’autorité ne put admettre que l’on abandonnât ainsi, pour des divertissements d’enfants ou d’illettrés, un théâtre sérieux et classé. C’est pourquoi, le 14 septembre 1812, M. le préfet de l’Hérault prit l’arrêté suivant qui sauva alors le théâtre de la déconfiture:

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(Montpellier - Place de la comédie, le grand théâtre et la fontaine des Trois-Grâces)
  • Considérant que le théâtre existant dans la ville de Montpellier doit avoir une troupe sédentaire
  • Considérant que le service de ce théâtre exige de grandes dépenses auxquelles les produits du spectacle ne peuvent suffire à cause de la diminution journalière qu’il éprouve
  • Considérant qu’il s’est formé dans cette ville, des établissements pour des bals ou des concerts dont certains sont permanents et dont les autres ont lieu à des époques périodiques qui ne peuvent que nuire au théâtre privilégié
  • Considérant qu’en maintenant les spectacles et les amusements secondaires, il est de toute justice de leur faire supporter une indemnité relative au préjudice qu’ils occasionnent
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(Montpellier - Le foyer du théâtre)

Arrête ce qui suit :

  • Article 1er : Il sera perçu, dans tous les spectacles, au profit du théâtre privilégié de Montpellier, une redevance sur tous les spectacles de pantomime de figure, d’animaux, de joutes et de jeux, ainsi que sur les bals, concerts et pour tous les amusements qui s’établiront dans ladite ville et ans ses faubourgs.
  • Article 2 : Cette redevance sera un cinquième du produit brut des recettes
  • Article 3 : Elle sera seulement de un dixième pour les bals et concerts qui sont permanents
  • Article 4 : La redevance sera délivrée au directeur du théâtre principal
  • Article 5 : Ceux qui la refuseront seront contraints de fermer leur salle d’amusements
  • Article 6 : Le maire de la ville de Montpellier fera exécuter cet arrêté par toutes les forces que la loi a mis enson pouvoir.

Fait à Montpellier, le 14 septembre 1812


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(Montpellier - La place de la comédie et le théâtre)

13/10/2008

Pérols - le boulidou

Pérols serait dérivé de Peirau qui signifie chaudron. Etrange mais pourtant il y a une explication. Merci à Alain G. pour ces deux cartes postales de Pérols.

Extrait d'un article tiré de "De Maguelone à la Cité", 1948, anonyme.

A 8 kilomètres au Sud est de Montpellier, se dore au soleil le village de Pérols. C'est entre l'étang et le village, à 200 pas de l'église, que se trouve le Boulidou. Si vous ignorez son existence, vous passez à côté de lui sans prendre garde à lui. C'est une cuvette sans prétentions, à peu près circulaire. Elle a 4 mètres de diamètre à l'ouverture et quelque 50 centimètres de profondeur. Dans le fond s'entassent des tessons de bouteille, des boîtes de sardine et de nombreux cailloux. cela doit être un jeu, pour les gamins de Pérols, de viser à dix pas le boulidou. Tout autour du creux, des décombres, des ordures, des échappés de poubelle. C'est ici le dépotoir du village. On a quelque peine à imaginer que, grâce à cette humble cuvette, au milieu d'une aire dénudée et malodorante, Pérols faisait jadis figure de station thermale. Il faudrait revenir ici en hiver, quand tombent les pluies. Le creux garde les eaux qu'il recueille. On assiste alors à un curieux phénomène. Du sein de la masse liquide, des gaz s'échappent en provoquant un bouillonnement. De là le nom de Boulidou.

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(Pérols - Place de la mairie)

En 1743, un savant montpelliérain, M. Haguenot présentait un certain nombre d'observations: Les eaux du Boulidou sont connues depuis longtemps et mentionnées par les voyageurs, les historiens et les géographes. Malgré leur bouillonnement, elles conservent leur froideur naturelle. Ces eaux ne viennent que des pluies. En hiver, le boulidou est ordinairement plein tandis que, dans les fortes chaleurs de l'été, il est à sec. Les eaux du Boulidou sont fort recommendées contre la goutte et le rhumatisme, mais elles sont ausi précieuses pour combattre l'ophtalmologie et les engelures. Les malades viennent en foule pour demander guérison ou soulagement.

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(Pérols - Le hangar, cabannes de pêcheurs)

Le boulidou est une mofette, c'est-à-dire un dégagement de gaz carbonique comme il s'en rencontre fréquemment aux alentours des volcans. il convient de noter que des traces de volcanisme s'observent non loin de Pérols, à Maguelone, à Grabels, à Montferrier. Quant il y a de l'eau, les bulles de gaz s'échappent. En période de sécheresse, si on se penche, avec bien des précautions, on entend un sourd grondement. Les observateurs du 18ème siècle notent que les oiseaux qui viennent boire au Boulidou s'engourdissent et restent sur le bord. la première course des enfants de Pérols est dirigée sur le Boulidou pour y ramasser les oiseaux suffoqués. Rien ne vit autour du Boulidou.

 

 

06/10/2008

Villetelle - Le pont romain d'Ambrussum

Le pont romain d'Ambrussum tel qu'on pouvait l'observer début 1900 offre une vision quasi semblable à celle que Gustave COURBET a dépeinte quelques décennies auparavant. L'une des deux arches ne devait pas résister aux crues du Vidourle lors des intempéries de ce début de siècle.

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(Lunel - Pont romain sur le Vidourle)

Béziers devait son importancenon seulement aux richesses de son terroir, mais encore à sa situation: elle commandait la route d'Espagne, la voie Domitia, artère principale de la province. Cette route, ancien chemin d'Hérakles des grecs, franchissait le Vidourle près de lunel sur un pont qui subsiste en partie, passait au nord de Montpellier, puis traversait la plaine de Montbazin. Au delà de Loupian, jusqu'à l'Hérault, elle porte le nom de chemin de la reine Juliette. Les Romains ne reculaient devant aucun obstacle pour construire leur route.