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19/01/2009

Lunas - Un acte de courage en 1845

Dans les hauts cantons de l'Hérault, le village de Lunas est traversé par la rivière Orb. En ce milieu du XIXème, il y a encore beaucoup de passerelles de fortune qui permettent de passer d'une rive à l'autre. Crues, casses, glissades, les accidents sont fréquents.

Extrait d'un article de journal

Lunas (Hérault), 14 avril 1845

Le 14 avril, le maire de cette commune a transmis à M. le sous préfet de Lodève le récit d'un acte de courage et de dévouement émané d'une jeune fille de Lunas , nommée Marie-Rose Rivière, âgée de 18 ans. Voici dans quelles circonstances :

lunas-1.jpg

Le 12 du courant, à dix heures du matin la dame Bédos, épouse du gérant de M. Cassan an château de Cazilhac, accompagnée de la femme Apollonie Jeanjean , épouse Rivière, voulut traverser l'Orb sur une passerelle qui conduit à Taisseron. Le vent soufflait avec violence, et au milieu du trajet une bouffée renversa les deux femmes qui se tenaient l'une l'autre par leurs vêtements. La dame Bédos, jetée au milieu de la rivière, fut entraînée par le courant dans un gouffre où elle ne pouvait plus prendre pied, et la femme Jeanjean resta cramponnée à la passerelle et suspendue sur le torrent, dans la position la plus périlleuse. A ses cris de détresse, Rose Rivière accourt, et apercevant tout d'abord le corps de la dame Bédos ballotté par le courant et disparaissant sous les eaux, cette jeune fille s'élance sans hésiter dans le gouffre, saisit la victime par les cheveux, et, avec une énergie peu commune dans une personne de son âge et de son sexe, l'entraîne et la dépose sur le gravier de la rive. Puis, sans reprendre haleine, elle court à la femme Jeanjean, dont les forces étaient épuisées, et qui allait se laisser choir dans l'eau et l'aide à sortir de cette périlleuse situation. Ce n'était point assez pour cette jeune fille : l'état de la Bédos réclamait de prompts secours ; Rose charge le corps inerte de la noyée sur ses épaules et la porte tout d'un trait dans sa propre maison, où les intelligents secours de M. le docteur Bonlouys de Lunas l'eurent bientôt rappelée à la vie.

M. le maire de Lunas, en finissant son récit, émet la pensée que la belle conduite de Marie-Rose Rivière est digne des honneurs de la publicité. Nous croyons en outre, si sa position sociale l'indique, qu'elle mérite aussi une récompense plus effective.

 

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