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27/04/2009

Saint-Gervais-sur-Mare - La légende de Saint Stapin

Extrait de Usages, coutumes et superstitions des habitants de la montagne noire, A de Chesnel, 1839

Un pauvre marchand de cages, cheminant un jour à travers une vaste fougeraie, y rencontre saint Stapin et lui demande l'aumône.

- Comment se fait-il, mon ami, lui dit le saint, que vous alliez quêtant ainsi, puisque vous avez un état ?

- Hélas ! Quelquefois je ne vends pas une seule cage dans le mois.

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(Quai de St Gervais sur Mare)

Eh bien! Je vais faire entrer dans l'une de vos petites prisons un hôte qui vous dispensera désormais de mendier. Lorsque vous voudrez garnir votre table, vous n'aurez qu'à ouvrir la porte de la cage et dire: Petit bleu d'azur, fais ton service. Saint Stapin donne alors un coup de sifflet très-doux, et un charmant colibri, à plumes bleues et reflet argenté, vient s'installer dans l'enceinte d'osier. Le marchand baise les pieds de son bienfaiteur et s'empresse de rentrer au logis, où il a bientôt mis à l'épreuve le savoir-faire de son joli esclave. Petit bleu d'azur, fais ton service, et voilà un dîner splendidement dressé en moins d'une seconde. On doit penser si notre homme s'en donne à cœur joie! Il traite successivement tous ses voisins, toutes ses connaissances à dix lieues à la ronde.

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(St Gervais/Mare - Maison du XVème siècle)

Le bruit de cet événement parvient jusqu'au seigneur de l'endroit. Il se fait amener son vassal et lui fait raconter comment il se trouve possesseur d'un oiseau aussi extraordinaire. Alors, désir irrésistible chez le châtelain de s'approprier ce trésor gastronomique. Il le témoigne avec impatience au marchand de cages, auquel il offre une métairie en échange de l'oiseau. Le vassal accepte le traité sans se faire prier, mais il impose cependant une condition particulière, qu'il dit tout bas à l'oreille de son seigneur. Cette condition n'est rien moins que de remplacer son maître, pendant une nuit, auprès de la châtelaine. Le mari, plus embarrassé que courroucé, se décide toutefois à en parler à sa femme. Celle-ci se récrie d'abord, c'est le moins qu'elle puisse faire; elle a même des frémissements et on la voit rougir; mais à quoi n'est-on pas capable de se résigner pour obtenir un oiseau merveilleux !... On capitule donc. Le notaire passe l'acte (pour la seule métairie, s'entend !), et le lendemain matin, en sortant du gynécée de la châtelaine, le marchand livre loyalement la cage et l'oiseau à son seigneur.

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(Vue de St Gervais/Mare - Ruines de St Pierre de Neyran)

Ce dernier ne manque pas de convier avec pompe les barons de la contrée, pour les faire assister à l'inauguration de son nouveau maître d’hôtel. On place dans la salle à manger la plus grande table qu'il y ait dans le château, et lorsque tous les invités sont présents, l'amphitryon, prenant la cage d'un air radieux, ouvre la porte et dit: Petit bleu d'azur, fais ton service. Petit bleu d'azur s'élance dans la salle mais, au lieu d'aller et venir comme de coutume, en voltigeant, il se pose d'abord sur l'épaule du châtelain, où il se métamorphose en un gros vilain oiseau de couleur grise et, après avoir répété sept fois, Coucou! Il s'envole par la fenêtre et disparaît dans les airs, laissant toute la compagnie dans la plus grande stupéfaction.

20/04/2009

Montpellier - Prise de la Citadelle en 1790

On a souvent tendance à croire que la Révolution ne s'est faite qu'à Paris. Mais les villes de province ont aussi eu droit à leur lot de manifestations. En 1790, la ville de Montpellier est le théâtre d'un événement que l'on a tendance à rapprocher à la prise de la Bastille.

Extrait de "De Maguelone à la Cité", 1948, THOMAS et SEGUI

Le 5 février 1790. un groupe de militants montpelliérains se réunissaient chez le fils Delon. Il s'agissait de constituer un club qui rassemblerait tous les fervents de la Révolution.

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(Montpellier - La rue Nationale)

Le club vit le jour quelques semaines plus tard sous le nom de « Société des Amis de la Constitution et de l'Egalité », et la plupart des notables du Clapas - plus de quatre cents - s'y firent inscrire malgré le chiffre élevé de la cotisation. Il s'installa dans l'hôtel Flaugergues, à l'angle de la rue de la Croix-d’Or et de la rue du Cardinal, l'actuelle rue de la Loge.

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(Montpellier - Caserne du génie)

Jaloux des lauriers des patriotes parisiens, les militants de la Société populaire demandèrent, dès le mois d'avril 1790, que la Citadelle, « réceptacle de mort et de captivité », fût rasée. Une vingtaine de jeunes Jacobins, bouillants d'impatience, n'attendirent pas que les autorités compétentes eussent fait un sort à la requête.

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(Montpellier - Citadelle, bâtiment A)

Voulant les mettre en présence du fait accompli, ils résolurent de s'emparer de la Citadelle par la force. La garnison se composait de... huit soldats du régiment de Bresse ! Dans la nuit du 1er au 2 mai, nos jeunes gens, fusil au poing, tentèrent l'escalade. Hélas! Les échelles étaient trop courtes! Ils coururent au pont-levis, le trouvèrent levé et n'eurent aucune peine à désarmer le corps de garde car les soldats avaient reçu de M. de Bouzols, commandant de la province, l'ordre d'éviter la bataille. Dès le matin, plutôt embarrassés de leur conquête, ils remirent la Citadelle à la garde nationale.

13/04/2009

Paques - Cherchez les oeufs

Courte pause cette semaine pour me permettre d'aller chercher des oeufs dans le jardin... dès que les cloches auront sonné.

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(Heureuses Pâques)