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25/05/2009

Beziers - Un incendie vers 1920

Cette chanson était inscrite au crayon sur un petit carnet des années 20. Elle raconte l'histoire dramatique survenue à Béziers lors d'un incendie. Les militaires (poilus) sont venus en renfort et ont été piégés par le feu. Merci à quiconque pourra m'aider à dater cet évênement.

 

Catastrophe de Béziers

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(Béziers - Etablissement BONNEFOY)

I

Un incendie violent, terrible,
Dimanche matin s’est déclaré
Ravageant tout, ce fut terrible
Dans un beau quartier de Béziers.

Prévenus les pompiers
Furent vite arrivé.

Puis devant le feu qui fait rage
Il luttèrent tous vaillamment
Faisant preuve d’un grand courage
Du sang froid le plus surprenant.

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(Béziers - Les Halles)

II

Avec nos braves militaires,
Le matin, ils furent maîtres du feu
Mais alors une plus grande affaire
Vint troubler ces héros, ces vieux.

Quand la nuit tomba
Le feu se ralluma.

Reprenant la lutte héroïque,
Les pompiers luttèrent de nouveau
Avec nos poilus magnifiques
Ils combattirent ce grand fourneau.

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(Béziers - Banque de France)

III

Mais tout à coup, un mur s’effondre
Ensevelissant plusieurs sauveteurs
Qu’on trouva mort sous les décombres
Plaignons ces hommes de tout cœur.

On a retrouvé
Plus de vingt blessés

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(Béziers - Caisse d'Epargne)

IV

Ce fut un grave deuil pour la ville
Pour le département tout entier.
Cette petite cité tranquille
Ne pourra jamais l’oublier.

Tous, petits et grands
Respectueusement

De ces héros couverts de gloire
Qui sont morts pour l’humanité,
Amis respectons la mémoire
Que leur souvenir soit bien gardé.

Gaston MARTIN

18/05/2009

Montpellier - La révolte des étudiants

La révolte débute à Montpellier dans les internats. Elle sera rapidement contrôlée. Mais petit à petit, elle gagnera d'autres villes universitaires comme Toulouse.

Montpellier, 18 mars 1882

A la suite des désordres qui ont éclaté au Lycée de notre ville, M. le recteur de l'Académie de Montpellier a pris un arrêté aux termes duquel non seulement les internes de la 4ème division (philosophie), mais également ceux des 5ème, 6ème et 7ème divisions (mathématiques préparatoires, rhétorique et seconde), sont licenciés jusqu’à nouvel ordre.

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(Montpellier - L'université)

Ces trois dernières divisions comprennent un total de cent trois élèves qui ne tarderont pas, sans doute, à être réintégrés pour la plupart au lycée, après que l’enquête ouverte sera terminée.

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(Montpellier - La cité universitaire)

Quant aux vingt-un élèves de philosophie, considérés comme les promoteurs de la révolte, ils seront probablement exclus d'une façon définitive. Les élèves externes des quatre classes licenciées ont été reçus ce matin au lycée et ont repris leurs cours accoutumés.

 

11/05/2009

Montpellier-Pézenas - L'exécution de Pommarèdes


Extrait du Courrier du Midi Montpellier, 21 février 1843

Il y a eu samedi dernier un an que celui qui avait jeté l'épouvante parmi les populations des arrondissements de Béziers et de Lodève, l'auteur de l'assassinat de Cauvy et de Carratier, commit son dernier crime en arrêtant le sieur Gelly, de Gabian, et le sieur Boulerais, dit Cambajou, et tomba enfin sous la main de la justice.

Par l'effet de retards successifs, qui ont eu quelque chose de, providentiel, l'anniversaire de ce jour a été aussi celui de l'expiation, Jean Pommarèdes, dit Carcassonne, natif de Caux, condamné à la peine capitale par arrêt de la cour d'assises de l'Hérault, du 7 décembre dernier, et dont le pourvoi en cassation était rejeté depuis le 5 janvier, est parti samedi 18 février à cinq heures du matin, de Montpellier, pour être conduit au supplice.

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(Montpellier - Le palais de Justice)

A quatre heures et demie, MM. les administrateurs des prisons accompagnés de M. l'aumônier, out rendu visite au patient pour lui annoncer que l'heure fatale allait sonner. Un tremblement convulsif a saisi le malheureux à cette nouvelle inopinée; des larmes ont mouillé ses paupières; mais, se remettant presque aussitôt, ses premières paroles ont eu pour but de demander à se confesser. On lui a répondu qu'il le ferait à Pézenas, et il a été conduit à la messe qu'allait célébrer pour lui le digne aumônier.

Cinq heures sonnaient lorsque le condamné est monté dans une voiture de louage ouverte, une sorte de char-à-banc, où M. l'abbé Cellier, le maréchal de- logis de la gendarmerie et un gendarme ont pris place auprès de lui, et la voiture, escortée par d'autres gendarmes à cheval, s'est dirigée vers la route de Pézenas, en passant par la porte du Peyrou, la rue de la Merci et le cours des casernes.

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(Montpellier - Le palais de Justice)

Malgré l'heure matinale et la profonde obscurité de la nuit, un nombre immense de curieux encombraient les abords du palais de justice, les boulevards et sous les parcours jusqu'au-delà du pont à bascule. Chose bien affligeante à dire, cette foule avide a manifesté des sentiments indignes d'une nation civilisée. Une horde de barbares a couvert de huées et d'outrages le malheureux condamné qui, malgré ses crimes, aurait dû, en ce moment suprême, exciter une profonde pitié; des femmes, de jeunes filles poussaient des vociférations de cannibales contre un homme que l'on conduisait au dernier supplice ! Dans leur honteux acharnement, on les entendait se dire que la justice était trop douce pour un aussi grand criminel; ils auraient voulu jouir du spectacle de sa torture !!!

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(Montpellier - Le Palais de Justice et l'Arc de Triomphe)

Le fatal convoi est arrivé à Pézenas à dix heures, au milieu de l'immense concours des populations voisines que ce triste spectacle avait attirées. Pendant ce lugubre voyage, le condamné a reçu les secours de la religion avec une expression de repentir et des sentiments de résignation qui ne se sont pas démentis jusqu'au dernier moment. A onze heures et demie, il a été conduit sur un chariot découvert à la place St-Jean, désignée pour l'exécution, ayant toujours à son côté le digne ecclésiastique qui soutenait son courage, lui montrait l'image du Christ, et récitait avec lui les prières des agonisants. Le repentir de ce malheureux était tel, qu'il manifestait à chaque instant le regret que le supplice ne fût pas accompagné de souffrances plus en rapport avec l'énormité de ses crimes. Le prêtre est monté avec lui sur l'échafaud, et lorsqu'on a vu l'homme de la religion recevoir dans ses bras le pêcheur repentant, que la justice humaine avait flétri et que son glaive allait frapper, la multitude, vivement impressionnée, n'a pu contenir l'expression des sentiments dont celte scène sublime l'a pénétrée. A peine M. Cellier était descendu de l'échafaud et avait fléchi les genoux au pied de ce fatal escalier, que tout était consommé.

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(Pézenas - Place du 14 juillet)

On peut, sans exagération, évaluer de 35 à 40 mille le nombre des personnes que ce sanglant spectacle avait attirées à Pézenas. Mais si l'on doit déplorer l'avide curiosité qui a mis en mouvement une telle affluence de gens, on doit aussi, à leur louange, reconnaître que l'attitude de tous a été grave et silencieuse, et que le seul sentiment qui se soit manifesté est celui d'une douloureuse anxiété.

Une dame, et c'est bien tant pis pour elle, qui, volontairement, assistait aussi, d'une fenêtre à cet horrible drame a été saisie soudain de spasmes et de convulsions telles qu’il a été fort difficile de rappeler ses esprits.