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07/09/2009

Villemagne - Les croyances de la montagne noire (2)


Extrait de Usages, coutumes et superstitions des habitants de la montagne noire, A de Chesnel, 1839

MÉDECINE.

Il n'est pas nécessaire de dire ici combien l'empirisme a de pouvoir sur l'esprit des habitants de la Montagne-Noire, et avec quelle confiance ils emploient les remèdes indiqués par les sorciers et les sorcières, ou par les charlatans qui exploitent les foires. Chez eux, les gens qui font métier de guérir sont appelés Rhabilleurs. La plupart sont des misérables qui captent leurs dupes au moyen de pratiques superstitieuses; mais l'expérience a cependant donné à quelques-uns d'entre eux une habileté remarquable pour les opérations que réclament les fractures.

Lorsque les habitants de la montagne ont un animal malade de quelque plaie envahie par les vers, ils se rendent dans la campagne auprès d'un pied de yèble, Sambucus ebulus, et tordant une poignée de cette plante dans leurs mains, ils lui font un grand salut et lui adressent les paroles suivantes en patois :
Adiù sies, mousu l'aoûssier, sé né trases pas lous bers dé moun berbénier, vous coupi la cambo, maï lou pey. »
Ce qui veut dire en français :
Bonjour, monsieur le yèble si vous ne sortez pas les vers de l'endroit où ils sont, je vous coupe la jambe et le pied. »
Cette menace effectuée, la guérison est assurée ou peu s'en faut.

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(Environs de Lamalou - Une porte à Villemagne)

Les montagnards sont tellement convaincus que la joubarbe Sempervivum tectorum, est un préservatif contre les maladies qui tentent de s'introduire dans leurs maisons, que c'est un véritable sacrilège de leur enlever cette plante lorsqu'elle croît sur leurs murailles ou leurs toits. Lorsqu'elle est en fleurs, ils en coupent les tiges, pour les disposer en croix sur la porte des étables. A Lacaune, le gui s'appelle Besq en patois, et les habitants de la contrée croient encore, ainsi que le croyaient les druides et les Gaulois, que cette plante parasite, prise en breuvage ou appliquée sur l'estomac, est un remède efficace contre le venin, de quelque espèce qu'il soit.

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(Environ de Lamalou - Eglise et tour historique de Villemagne)

On peut se guérir de la fièvre, en déposant une pièce de monnaie dans un endroit du bois où plusieurs chemins se croisent, et en récitant un Pater, le premier passant qui ramasse la pièce, emporte aussi la fièvre. Les haches celtiques, Celtœ, portent dans la Montagne-Noire le nom de Peyros dé picota (pierre de variole) ; on les suspend dans les bergeries, afin de préserver les troupeaux de la clavelée.

Les Spartiates avaient institué une fête nommée Nudipedales, Nudipedalia, qui, après s'être propagée dans toute la Grèce et chez les Romains, s'est aussi perpétuée chez les peuples modernes. Elle consistait anciennement en des sacrifices que l'on faisait nu-pieds, pour être délivré de quelque affliction. Aujourd'hui elle se célèbre par un pèlerinage à un lieu sanctifié. Personne n'ignore combien ces pèlerinages sont nombreux, combien quelques endroits où ils s’accomplissent ont acquis de célébrité.

 

Commentaires

Nos anciens avaient l'esprit obscurci par les superstitions mais aujourd'hui les "manipulations " sont plus subtiles mais l'on tente toujours de nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

Écrit par : ulysse | 07/09/2009

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