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07/12/2009

Montagnac - La porte de la Pétardière

Extrait de l'Hérault historique, 1876, Albert et Paul FABRE

Montagnac est une des villes du bas Languedoc qui eut le plus à souffrir des luttes religieuses dans les périodes 1562 à 1570. Le second siége mérite d'être signalé à cause d'un événement imprévu qui obligea les ennemis de l'abandonner.

Des religionnaires se précipitèrent sous les murs de Montagnac dans les premiers jours de l'année 1568. N'ayant point de canons mais une forte quantité de poudre, et ne pouvant battre en brèche, ils résolurent de pratiquer une mine, afin d'entrer dans la place par l'ouverture qu'ils feraient aux remparts. Ils se mirent à l'œuvre et après avoir mis à sec le fossé de la ville alimenté par le ruisseau St-Alban, ils creusèrent cette mine à la partie gauche de la porto dé l'aigo (porte de l'eau, à cause de la fontaine établie à coté). Ce projet aurait réussi sans une circonstance fortuite que l'on pourrait croire légendaire si l'auteur de l'histoire de Montagnac à qui nous empruntons ces détails n'affirmait qu'elle est réellement historique et bien avérée.

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(Montagnac - Vue générale)

« Deux jeunes amants, destinés l'un à l'autre par leurs parents, Jeanne et Louis, dont les noms de famille ne nous sont point parvenus, profitaient d'une lézarde qui se trouvait dans le rempart pour aller s'entretenir de leurs amours; il n'y avait pas alors de maisons adossées à ce rempart. Un soir Jeanne entendit quelques gémissements et reconnut bientôt la voix de son amant. Elle l'interrogea sur le motif de sa tristesse. Ce fut d'abord sans succès, mais enfin elle eut le bonheur de lui arracher son secret.

Louis, bien que catholique, favorisait de ses vœux l'entreprise des religionnaires, et il avait vu la mine qu'ils apprêtaient pour faire sauter la porte. C'est peut-être, dit-il à son amante, la dernière fois que nous nous voyons; car je ne doute pas que la ville ne soit bientôt prise et ses habitants massacrés par les assiégeants. A ces mots Jeanne redouble ses instances et lui adresse de tendres reproches sur son peu de confiance. Louis ne peut résister aux pleurs de celle qu'il aime; il lui signale la mine creusée par les assiégeants; lui dit que ce pétard doit être allumé au milieu de la nuit, la ville prise et les habitants égorgés.

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(Montagnac - L'église et la fontaine des Quatre-saisons)

Aussitôt cette jeune fille va trouver ses parents, se fait conduire devant les magistrats et leur révèle ce qu'elle vient d'apprendre, Des mesures sont prises; on court à la mine; les travaux des assiégeants sont détruits et la ville sauvée, grâces au patriotisme de cette nouvelle Jeanne d'Arc»

C'est en mémoire de cette heureuse délivrance de la ville, qui arriva dans les premiers jours de janvier, que l'on fit une procession solennelle comme à la Fête-Dieu. Cette procession parcourait la ville le dimanche le plus près de l'Epiphanie pour se conformer à la loi, elle n'a plus lieu que dans l'intérieur de l'église. Tel est l'événement qui a fait prendre à la porte dont il s'agit et à la fête que l'on célèbre chaque année le nom de la Pétardière.

 

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