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29/03/2010

Caux - Notre Dame de Mougères

Extrait de Le pélerinage de ND de Pitié de Mougères, 1883, C. Douais

En 1789, quand la Révolution éclata, la maison de Mougères se trouvait assez réduite. Les supérieurs, s'inspirant des nécessités de l'Ordre, n'y avaient maintenu que quelques Pères infirmes. Le plus valide était le vénérable Père Coste, originaire de Caux, qui avait la charge de supérieur et 79 ans. Les événements politiques se précipitaient, avec la rapidité que l'on sait. Le district de Pézenas délégua à Mougères quelques bons citoyens, pour dresser l'inventaire des biens de la chapelle et du vicariat. Des lots furent formés, et alors la vente des biens de Mougères put se faire. Probablement plusieurs opérations eurent lieu. Nous en trouvons une première à la date du 18 janvier 1791. Ce jour-là, à Béziers, par-devant notaire, fut faite, « aux clauses et conditions portées par les décrets de l'Assemblée nationale », la vente de la plupart des biens de Notre-dame de Mougères, appartenant aux Dominicains de cette ville, pour la somme de quarante-quatre mille livres. C'est peut-être ce jour-là qu'une dame pieuse, du nom de Maury, de Pézenas, acheta la chapelle et le logis pour les soustraire à toute profanation. Il parait que la chapelle n'avait pas souffert des dégradations considérables, lors de l'enlèvement du mobilier. La chapelle fut fermée. En moins de deux ans, l'œuvre de cinq siècles et de quinze générations avait été détruite.

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(Caux - Chartreuse de Mougères, chapelle du pélerinage)

Les voisins, les amis des religieux, les pèlerins de Notre-Dame de Pitié, et bien d'autres qui, jusque-là, avaient peu pratiqué la dévotion, mais qui étaient révoltés par l'insulte faite à la liberté et à la foi, en éprouvèrent une peine profonde. A force de démarches, on obtint que la chapelle pût être ouverte provisoirement et la messe célébrée tous les jours. C'est vers le mois d'août 1791 que ce répit fut accordé. La dame Maury maintint le Père Coste au logis du vicariat devenu sa propriété; et l'on put, pendant une année environ, à travers mille difficultés honorer Notre-Dame de Pitié. Un fermier, homme de foi et d'énergie, y demeura et se constitua gardien et défenseur du Père Coste et de la chapelle. C'est à cet homme résolu que l'on doit la conservation de la statue ancienne de Notre-Dame de Pitié.

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(Caux - Vue générale)

Un beau matin, une bande de gens armés se présente, enfonce la porte de la chapelle, et pénètre à l'intérieur. Un de ces misérables est déjà sur l'autel, essayant avec une hache de briser la statue de la sainte Vierge. Mais le fermier est accouru en toute hâte. Il s'indigne du dessein impie; il saisit un fusil déposé par terre, et couchant en joue le malheureux, lui crie : « Descends vite ou je te brûle la cervelle. » Et il sauve la statue.

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Écrit par : monique muret | 06/06/2013

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