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27/04/2010

Béziers - L'ingénieur Cordier et le problème de l'eau

Extrait de Pages d'histoire biterroise, Raymond ROS, 1941

Les fontaines élevées dans l'intérieur de la ville, celle de l'Hôtel de Ville surtout, autour desquelles se groupait une nombreuse population féminine, sujet de sollicitude pour la police et de joyeuse satyre pour les poètes locaux, ne coulaient pas toujours; alors au bruissement de l'onde et aux cris de la foule succédaient pendant des mois entiers l'isolement et le silence. Ces fâcheuses interruptions tenaient à la nature des eaux, des aqueducs et des conduites qu'elles avaient à parcourir. Les aqueducs creusés à la sape avaient de fréquents éboulements; les conduites en poterie s'engorgeaient ou se rompaient souvent.

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(Béziers - La mairie)

M. de Clapiés, ingénieur de la province de Languedoc, constata que la somme des eaux à leur source était de treize pouces, et que cependant il n'en coulait que près de deux pouces dans la ville; il dirigea tous les efforts sur la bonne construction et l'entretien des conduites et aqueducs. Mais ce moyen ne pouvait être qu'insuffisant; Béziers n'est point dominé par des fontaines naturelles; aucune source ne fournissait à ses fontaines qui ne recevaient d'autres eaux que celles qui, filtrant à travers les terres, devaient diminuer et parfois disparaissaient pendant le temps de sécheresse. Pour remédier à cet état de choses, on se mettait en quête de sources, on proposait d'ouvrir de nouveaux aqueducs, on réparait les ouvrages existants. Telle a été la voie suivie pendant un espace de près de six siècles...

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(Béziers - Le moulin Cordier)

Vers la fin du XVIIIe siècle, les progrès des sciences et des arts mécaniques suggérèrent l'idée de moyens plus capables d'assurer à la ville de Béziers un volume d'eau proportionné aux besoins de sa population. Un certain nombre d’ingénieur en hydraulique firent des propositions pour alimenter la ville en eau potable à l’aide d’une machine à vapeur. Tous ces projets furent rejetés comme imparfaits ou trop dispendieux. Enfin, grâce au zèle persévérant d'un maire, M. le comte de Neffiés, et à l'habileté d'un artiste, devenu ingénieur, né dans nos murs, M. Jean Marie Cordier (1785-1859), la population de Béziers vit avec des transports de joie lës eaux de l'Orb couler dans ses rues. Le 13 août 1826, entre la ville et Cordier intervint un traité par lequel celui-ci s'obligeait, pour 60.000 francs, de construire une machine à vapeur élevant 12 litres 1/3 d'eau pour chaque habitant à raison d'une population de 16.000 âmes; de donner deux ou trois fois plus en cas d'incendie et 1/3 en sus pendant les grandes chaleurs. Le 23 septembre 1827, l'eau de l'Orb coula pour la première fois dans nos rues. Cordier fut le héros de cette fête.

Depuis cette époque, nos vieilles fontaines ont toutes disparu.

 

 

Commentaires

bonjour,
j'aimerais savoir si Jean-Marie Cordier a une parenté avec le pionnier américain de la vapeur aux Etats-Unis, installé vers 1860?
amitiés.
Jean-Claude Clermontel

Écrit par : Clermontel | 13/02/2012

bonjour, vers les années 1950, 1958 il y avait encore la passerelle en fer qui partait de la route jusqu'au moulin ; enfants nous l'avons emprunté souvent en prenant des risques ; ah ! si je pouvais avoir une photo de cette passerelle pour revenir vers ces souvenirs !

Écrit par : andrieu | 15/07/2012

Les commentaires sont fermés.