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24/11/2008

Montpellier - Les débuts de la faculté de Médecine

L'université de Médecine est indissociable de la ville de Montpellier. Ce petit texte nous montre aussi que les préoccuppations des étudiants n'ont pas beaucoup changées depuis les temps anciens. Pauvreté et exil sont des contreparties à l'acquisition du savoir. Mais plus curieux encore est cette période de six mois durant laquelle le futur licencié devra exercer son talent sous l'oeil d'un maître: c'est tout simplement un stage.

Notes du professeur VIRES de la faculté de Médecine de Montpellier

C'est parce que son industrie et son commerce lui amènent beaucoup d'étrangers que Montpellier devient aussi une ville d'écoles. C'est un maître de Plaisance qui y enseigne le droit pour la première fois; et les médecins montpelliérains étaient élèves des Arabes et des Salernitains. A quelque époque reculée que l'on remonte, on trouve à Montpellier des écoles de Médecine. Sur cette terre que nous foulons, où avaient passé les Phéniciens et les Grecs, les Romains et les Arabes, une importante agglomération urbaine se forme au VIIIe siècle après la chute de Maguelonne. Dès sa naissance, la jeune ville de Montpellier est industrielle et bienveillante aux étrangers. Placée à mi-chemin de l'Espagne et de l'Italie, près de la mer, à la rencontre de toutes les routes de la civilisation, elle profite du réveil qui marque, après la chute de Rome, l'ère des temps nouveaux.

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(Montpellier - L'école de Médecine)

Les étudiants se répartissent en deux groupes. Les uns vivent dans les couvents, avec les moines; ils y étudient la médecine et la pharmacie; ils sont les hôtes des collèges fondés par les amis de l'Université. Les autres, les étudiants libres, établis sur la colline qui, de la tour Sainte-Eulalie, se penche jusqu'à l'église Saint ­Mathieu vivent une vie ardente et agitée, redoutable à la maréchaussée et à la bourgeoisie; ils viennent d'Es­pagne et d'Italie, des bords du Rhin et du Danuhe, du fond des Allemagnes et de toutes les parties de la Fran­ce. Ils sont là, un millier environ, attirés de tous les coins du monde dans cette école qui représentait bien, dans l'Europe morcelée, par sa doctrine traditionnelle et son organisation hiérarchisée l'unité intellectuelle, scientifique et morale. Maîtres et étudiants s'agitent, bruyants et ambitieux. Mais amusements et distractions, batailles et bagarres ne viennent qu'au second plan. L'étudiant médiéval consacre à l'étude la plus grande partie de son temps et il a pour cela de bonnes raisons: il vient s'instruire au prix d'énormes sacrifices; il a dû accepter souvent des privations de tout ordre: la pau­vreté, l'exil; il remplit les plus humbles emplois pour gagner sa vie matérielle et les quelques pécunes nécessaires pour payer ses professeurs. Avant tout, il veut travailler et il ne paiera le maître qu'autant que la denrée offerte par ce dernier lui sera précieuse et profi­table.

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(Montpellier - L'université)

De là cette organisation, excellemment démocratique, qui donne aux étudiants la place prépondérante dans l'organisation et le mode d'enseignement de l'Université, le droit de surveillance, le droit de contrôle sur les maîtres. Il n'y avait qu'une façon d'enseigner: le professeur lisait, c'est-a-dire prenait pour base de sa leçon le texte latin de l'auteur grec ou arabe et se contentait de le commenter après l'avoir lu : aussi ces leçons s'appe­laient-elles des lectiones. On comprit bientôt que l'étu­de des textes et leur discussion ne suffit pas pour con­naître les maladies et les guérir, qu'il y faut joindre la pratique personnelle et l'observation. On décida alors que le bachelier, avant de se présenter à la licence, serait tenu d'exercer son art pendant six mois, loin de la ville, sous la direction d'un praticien expérimenté.

17/11/2008

Saint-Gervais-sur-Mare - Les croyances de la montagne noire (1)

Il existe aux confins du département de l'Hérault, dans les montagnes qui séparent ce département de l'Aude et du Tarn, une région montagneuse que l'on nomme "Montagne Noire" d'un côté, Sommail, Espinouse ou monts de Lacaune de l'autre côté. Cette région contraste avec la plaine du littoral non seulement par son relief mais aussi par ses habitants. Loin des grandes voies de communication, ils perpétuent des traditions et des coutumes parfois millénaires dont certaines sont directement issues de croyances Grecques ou Romaines.

Extrait de Usages, coutumes et superstitions des habitants de la montagne noire, A de Chesnel, 1839

Naissance:
- On ne porte jamais à l'église un nouveau né par le chemin qu'on suivrait s'il fallait y conduire un mort.

- On ne coupe pas les ongles des petits enfants qui sont encore allaités, parce qu'on pense que cette opération ferait naître en eux un penchant décidé pour le vol.

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(Vue d'ensemble de Saint-Gervais-sur-Mare)

Mariage:

- Le mois de mai est, dans la montagne noire, un mois tout à fait réprouvé par les jeunes filles qui sont fiancées, et elles disent ingénument à ce sujet qu'il n'est pas convenable de se marier à une époque où les ânes sont amoureux.

- Si l'on veut avoir des enfants, il ne faut pas non plus se marier un vendredi.

- La cérémonie antique de placer un joug sur le cou de ceux qui se fiançaient et d'où le mariage a pris le nom latin de conjugium se perpétue dans quelques communes de la montagne, le jour des noces.

- Quand un veuf se remarie, non seulement il a à subir un charivari comme cela se pratique dans d'autres pays, mais encore, on le fait courir sur un âne et on le force à entrer ensuite dans une cage à poules où on lui fait boire du vin dans une corne, vase qui passant de mains en mains, ne lui arrive qu'après avoir été grandement souillé.

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(Vue de St-Gervais/Mare - Fontaine de la place)

Enterrement:

- Au repas des funérailles, qu'on trouve plus ou moins consacré dans tous les temps et chez tous les peuples, il est de rigueur de servir un plat de haricots. Dans certaines communes, on ne doit pas trinquer à ce festin.

- Lorsqu'une famille vient de perdre un de ses membres, on coupe immédiatement toutes les fleurs qui se trouvent dans le jardin, et on n'en laisse plus épanouir aucune tant que dure le deuil. Cette coutume touchante existait déjà chez les Grecs.

 

10/11/2008

Pezenas - L'hôpital militaire en 1915

En cette veille de la commémoration du 90ème anniversaire de l'armistice, je tenais à rendre hommage aux jeunes soldats qui sont tombés pendant la Grande Guerre. Sur 6 hommes partis la fleur au fusil, 1 n'est pas revenu et deux autres sont revenus blessés, souvent gravement. Quant aux trois autres, ils sont revenus dans leur famille mais bien souvent meurtris dans leur tête. Après la guerre, ils ne parleront pas ou peu de ce qu'ils ont vécu. Par contre, leur correspondance écrite sur le front est arrivée jusqu'à nous. Pourra-t-on en dire autant de nos mails, sms, blogs et autres coups de téléphone, dans 100 ans ?

Comme beaucoup de villes, Pézenas possédait un hôpital militaire provisoire pour la convalescence des blessés les moins graves.

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(Pézenas - Pendant la Guerre, Hôpital auxiliaire n°15, croix rouge)

 

Lettre de poilus

Toulouse, 11 août 1914

Nous partirons jeudi ou vendredi au plus tard. Je crois pour Besançon, et puis par étape, nous marcherons sur l'est. Je suis brancardier. Je porte déjà mon brassard avec la croix rouge. Ce soir, avec le Major, nous avons préparé un tas de médicaments et beaucoup d'outils de charcuterie, scies, scalpels, bistouris. Je souhaite ne pas en faire connaissance plus amplement. Ici, nous ne pensons pas à la guerre, nous aurons le temps d'y penser quand nous y serons.

SM