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29/06/2009

Montpellier - L'hôpital de la Colombière

"Celui-là, il est fou, on devrait l'enfermer à Font-d'Aurelle". Font-d'Aurelle était l'ancien nom de l'hôpital de la Colombière. Construit au milieu des champs et des vignes au début des années 1900, il se trouve aujourd'hui enserré par la faculté des sciences, les hôpitaux et de nombreux immeubles.

 

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(Montpelier - Nouvel hospice des aliénés)

 

Les bâtiments ont très peu changé et jouent toujours le même rôle, plus de 100 ans après.

 

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(Montpellier - Hospice des aliénés)

 

 

08/06/2009

Montpellier - Le petit vent du Nord

Combien d'inventeurs de génie sont restés inconnus pour un qui a connu la célébrité ? Pierre TERRAL était certainement un des précurseurs de l'invention du ventilateur, conséquence d'un séjour au Maroc durant lequel il a souffert de la chaleur suffoquante du désert. L'histoire ne retiendra de lui que la lettre qu'il écrivît au bey de Tunis et si une rue de Montpellier porte aujourd'hui son nom, cela est dû au rang social de sa famille dans cette partie de la ville.

 

Extrait de De la Tour Magne à Saint-Nazaire, 1942, THOMAS et SEGUI

Au mois de juin 1737 fut saisie à Marseille une lettre écrite au bey de Tunis, Hussein-ben-Ali, le fondateur de la dynastie encore régnante. Bien que la paix existât alors entre la France et la Régence de Tunis, la lettre parut suspecte assez pour qu'on crût devoir la soumettre au ministre, le comte de Maurepas, secrétaire d'Etat à la marine. La lettre, signée « Lartéry » demandait au bey une avance de 600 livres. Cette avance, versée à Sollier, chez Cot, marchand de Marseille, permettrait à « Lartéry » de faire connaître au souverain de Tunis « des choses qui pourront en peu de temps faire votre bonheur, et de votre nation... » Etait-ce un espion qui s'offrait? Ou un courtier marron au service de la contrebande et de la piraterie barbaresques?

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(Montpellier - Hôtel des postes)

Une rapide enquête apprit que le nom de Lartéry était inconnu a Montpellier. Baudouin, subdélégué de Montpellier, chargé de l'enquête, eut vite fait de découvrir le domicile de Sollier, près de la porte Saint-Guilhem, « à la Valfère, dans une rue qui descend de Sainte-Anne, vis-à-vis le four de Fourcade ». Il put se procurer de son écriture. Cette écriture ne ressemblait point à celle de la lettre saisie à Marseille. Sollier fut saisi et conduit dans un cachot de la Citadelle... Sollier reconnut sans peine avoir été à Marseille au cours du dernier hiver, pour y travailler de son métier de commissionnaire. Mais quand on lui présenta la lettre au bey de Tunis, il pâlit, se troubla et dut finalement reconnaître qu'il emporta, en effet, cette lettre de Montpellier à MarseIlle à son dernier voyage. Sollier avoua enfin que la lettre lui fut confiée par un honnête bourgeois de Montpellier, son voisin, Pierre Terral, qui fut jadis esclave au Maroc et y connut Son Excellence le Bey avant sa victoire et son élévation.

Le soir même, Pierre Terral, par les soins du subdélégué, avait rejoint SoIlier à la Citadelle. C'était un vieillard de 76 ans, alerte encore, aux yeux rêveurs, au maintien placide et doux, qui répondit d'abord sans embarras aux questions du magistrat. Il reconnut la lettre accusatrice et raconta qu'il la tenait d'un certain Bruis, que Martial lui avait recommandé. Cependant que le greffier enregistrait ces réponses, le subdélégué relisait la lettre, essayant d'en scruter l'énigmatique signature: Lartéry... Et, tout d'un coup, il a une illumination: la lettre finale ôtée, il y a dans Lartéry l'anagramme de Terral. Il tient le coupable...

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(Montpellier - Quartier général)

Et Terral, confondu, doit parapher de son vrai nom cette lettre, qu'il avoue avoir écrite de sa main. Mais pourquoi donc l'a-t-il écrite? Et voici le récit naïf et touchant que le greffier Jean Albisson transcrivit de sa plume indifférente et fidèle, pendant que parlait Pierre Terral. Terral voulait proposer au bey de Tunis de lui fabriquer un nombre de soufflets de nouvelle invention, « lesquels soufflets auraient servi au bey à le rafraîchir et les femmes de son sérail... ». Il comptait y joindre d'autres inventions, propres à enrichir les sujets de Son Excellence, dont les largesses serviraient à l'indemniser d'une longue captivité, « ayant été sept ans esclave du roi de Maroc » Le subdélégué, méfiant, avant de croire à ce récit d'un doux et inoffensif maniaque, fit perquisition et inventaire chez Pierre Terral, où les scellés avaient été mis, par prudence, dès son arrestation. Il trouva tout de suite le cachet qui avait servi à sceller la lettre suspecte. Mais il trouva aussi mille papiers remplis de dessins, de chiffres et de descriptions sur les « idées chimériques », soufflets, moulins, dragons volants, auxquelles se complaisait si dangereusement pour son repos le malheureux Pierre Terral.

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(Montpellier - Le marché neuf)

Quand M. de Bernage reçut le rapport de Baudouin, il se souvint, en effet, que Pierre Terral avait obtenu brevet de Sa Majesté, lui donnant privilège exclusif pour fabriquer et vendre, dans le royaume et hors du royaume, les « petits vents du Nord » de son invention. Il s'empressa de rendre compte au ministre, qui donna aussitôt l'ordre d'élargir les deux prisonniers. Le 26 octobre, Sollier, à peine sorti de prison, assigna son malencontreux voisin en 2.000 livres de dommages. Pierre Terral, tout déconfit, retrouvant ses paperasses en désordre et ses inventions compromises, se crut définitivement perdu s'il lui fallait payer encore 2.000 livres et les frais. Il alla supplier l'Intendant, et Sollier, menacé d'être ramené à la Citadelle s'il ne retirait sa plainte, se montra conciliant.

Pierre Terral put donc achever paisiblement sa vie, sans avoir rencontré la fortune ni la gloire, ayant perdu l'espoir de léguer son nom d'inventeur à la postérité. Mais il nous reste de lui, dans les anciennes archives de la province, sa naïve lettre au bey de Tunis, - et sur les murs de Montpellier son nom de bourgeois et de propriétaire: puisque cette rue du quartier de la Valfère qui descend de Sainte-Anne vers l'ancienne enceinte de la ville s'appelle encore aujourd'hui la rue Terral.

 

 

 

18/05/2009

Montpellier - La révolte des étudiants

La révolte débute à Montpellier dans les internats. Elle sera rapidement contrôlée. Mais petit à petit, elle gagnera d'autres villes universitaires comme Toulouse.

Montpellier, 18 mars 1882

A la suite des désordres qui ont éclaté au Lycée de notre ville, M. le recteur de l'Académie de Montpellier a pris un arrêté aux termes duquel non seulement les internes de la 4ème division (philosophie), mais également ceux des 5ème, 6ème et 7ème divisions (mathématiques préparatoires, rhétorique et seconde), sont licenciés jusqu’à nouvel ordre.

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(Montpellier - L'université)

Ces trois dernières divisions comprennent un total de cent trois élèves qui ne tarderont pas, sans doute, à être réintégrés pour la plupart au lycée, après que l’enquête ouverte sera terminée.

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(Montpellier - La cité universitaire)

Quant aux vingt-un élèves de philosophie, considérés comme les promoteurs de la révolte, ils seront probablement exclus d'une façon définitive. Les élèves externes des quatre classes licenciées ont été reçus ce matin au lycée et ont repris leurs cours accoutumés.