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22/03/2010

Montpellier - Fermeture des portes la nuit

Extrait de Nouveau recueil des usages locaux, 1936, Préfecture de l'Hérault

Arrêté de M. le Maire de Montpellier du 24 octobre 1850, modifié par un arrêté du 3 septembre 1873 approuvé par M. le Préfet de l'Hérault, le 5 septembre 1873.

Le Maire de Montpellier,

Considérant qu'il résulte des rapports de la police qu'un grand nombre de propriétaires ou habitants ont dans l'habitude de laisser ouvertes, durant toute la nuit, les portes d'entrée de leurs maisons;

 

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(Montpellier - Place de la Comédie)

Que cette habitude est dangereuse pour la sécurité publique, puisqu'elle donne un refuge aux malfaiteurs qui, par ce moyen, peuvent facilement se soustraire aux perquisitions de la police; qu'elle expose ainsi les propriétaires et les locataires eux-mêmes et leurs propriétés aux dangers les plus graves;

Qu'il est donc dans l'intérêt des propriétaires et locataires eux-mêmes aussi bien que dans l'intérêt de la sûreté générale des citoyens de prescrire des mesures propres à faire cesser ces inconvénients;

 

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(Montpellier - la Préfecture)

Arrête :

  • Article premier. - Les propriétaires ou locataires des maisons situées dans la ville ou dans les faubourgs sont tenus de fermer à clef les portes d'entrée de leurs maisons, donnant sur les rues avant 10 heures du soir.
  • Art. 2. - Les contrevenants aux dispositions de l'article précédent seront poursuivis devant le tribunal de simple police et punis conformément à l'article 471 du Code pénal d'une amende de 1 à 5 fr. En cas de récidive, la peine d'emprisonnement pendant trois jours au plus sera prononcée contre les contrevenants, conformément à l'article 474 du même Code.
  • Art. 3. - Les portes qui seront trouvées ouvertes après 10 heures du soir seront fermées par les agents de nuit.
  • Art. 4. - Lorsqu'une maison sera habitée à la fois et par le propriétaire et par un ou plusieurs locataires, les poursuites seront dirigées contre le propriétaire et si la maison n'est habitée que par des locataires, elles seront dirigées collectivement contre tous ces locataires qui seront solidairement passibles des condamnations prononcées.
  • Art. 5. - MM. les Commissaires de Police sont chargés de l'exécution du présent arrêté.

 

08/03/2010

Abeilhan - La Farce des conscrits

Extrait de Le Folklore du Languedoc, Claude Seignole, 1960

Autrefois tous les conscrits des communes du canton se rendaient au chef lieu, accompagnés des tambours et de la musique de leur village. Au moment du tirage au sort, tous les bons numéros passaient entre deux haies de jeunes gens qui les frappaient à coups de poings sur le dos. Cette coutume a quelquefois provoqué des accidents. Les conscrits plaçaient leur numéro sur le chapeau, dans le dos et sur la poitrine et la fête se terminait par un gros repas, au son de la musique.

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(Abeilhan - Le pont)

De retour au village, ils «branlent» et, la nuit venue, s'emparent de toutes les charrettes malencontreusement laissées dehors. Le lendemain matin on les retrouve dépourvues de roues, formant un amas inextricable. Les pots de fleurs, les tas de bois de chauffage transportés à l'autre extrémité du village, les portes des maisons où se trouvent des jeunes filles soigneusement barricadées sont les distractions les plus classiques.

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(Abeilhan  La place)

De nos jours avant de passer le conseil de révision, les jeunes gens entassent au milieu de la place publique, tout ce qu'ils trouvent dehors; charrettes, charrues, seaux etc. Cela se fait généralement de nuit pour pouvoir agir impunément. Il s'agit de la farce dite du Barri qui s'exécute en Champagne la nuit du 30 avril au 1er mai. A Lodève il est de tradition de démolir les becs de gaz et les enseignes; mais je crois qu'il en est partout de même. A Avène, après un tapage nocturne en règle, ils passent dans les maisons où il y a des filles et se font offrir à boire.

11/01/2010

Meze - Le Boeuf et le Chevalet


Extrait des Publications sur l'Histoire des Communes de l'Hérault, Albert FABRE, vers 1875

L'histoire du bœuf de Mèze dit qu'un habitant des Mourgues, quartier autrefois isolé de toute habitation, possédait un bœuf pour la culture de son terrain, et que cet animal étant mort, on conserva sa peau comme une relique qui fut étendue sur un mannequin en bois et soigneusement conservée dans la famille. Lorsque la peau primitive fut usée, on construisit un bœuf colossal que l'on recouvrit d'une toile simulant la tête avec les cornes, sous laquelle se logèrent les hommes chargés de porter cette carcasse.

 

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(Mèze - Fête locale, la danse du Chevalet)

Le bœuf est manœuvré par huit hommes, quatre de chaque côté; il est formé par une grande toile brune qui descend jusqu'à terre et cache les porteurs. Un homme est chargé de faire mouvoir la tête et les mâchoires, au moyen d'une gaule, et un autre, tenant entre ses mains un baril recouvert d'une peau d'âne tendue, traversée au milieu par une corde goudronnée, imite, en faisant glisser cette corde entre l'index et le pouce un mugissement assez pareil à ceux des bœufs. Au dehors un conducteur ou cornac, armé d'un long aiguillon, commande les évolutions à faire.

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(Mèze - Fête locale, le Boeuf, le comité en tournée de quête)

A un moment donné, sur un signal du conducteur, le bœuf se met à courir, et gare à qui se trouve sur son passage! Il est impitoyablement renversé, au grand contentement des spectateurs. Le bœuf est de toutes les fêtes publiques, comme il était autrefois des fêtes religieuses.