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08/03/2010

Abeilhan - La Farce des conscrits

Extrait de Le Folklore du Languedoc, Claude Seignole, 1960

Autrefois tous les conscrits des communes du canton se rendaient au chef lieu, accompagnés des tambours et de la musique de leur village. Au moment du tirage au sort, tous les bons numéros passaient entre deux haies de jeunes gens qui les frappaient à coups de poings sur le dos. Cette coutume a quelquefois provoqué des accidents. Les conscrits plaçaient leur numéro sur le chapeau, dans le dos et sur la poitrine et la fête se terminait par un gros repas, au son de la musique.

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(Abeilhan - Le pont)

De retour au village, ils «branlent» et, la nuit venue, s'emparent de toutes les charrettes malencontreusement laissées dehors. Le lendemain matin on les retrouve dépourvues de roues, formant un amas inextricable. Les pots de fleurs, les tas de bois de chauffage transportés à l'autre extrémité du village, les portes des maisons où se trouvent des jeunes filles soigneusement barricadées sont les distractions les plus classiques.

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(Abeilhan  La place)

De nos jours avant de passer le conseil de révision, les jeunes gens entassent au milieu de la place publique, tout ce qu'ils trouvent dehors; charrettes, charrues, seaux etc. Cela se fait généralement de nuit pour pouvoir agir impunément. Il s'agit de la farce dite du Barri qui s'exécute en Champagne la nuit du 30 avril au 1er mai. A Lodève il est de tradition de démolir les becs de gaz et les enseignes; mais je crois qu'il en est partout de même. A Avène, après un tapage nocturne en règle, ils passent dans les maisons où il y a des filles et se font offrir à boire.

01/03/2010

Montpellier - L'inventeur du parachute

Extrait de Vieilles rues de Montpellier, Tome II, Louis ESCURET, 1964

A la base de nombreuses légendes il y a souvent une part de vérité, tel est le cas du soi-disant parachutage de Lenormand, effectué, comme l'a écrit par erreur Louis Figuier, du haut de la Tour de la Babote.

La vérité est la suivante :

La famille Lenormand originaire du pays chartrain en bordure de l'Orléanais, s'établit comme horloger-bijoutier à Montpellier en 1755. Sébastien, né le 25 mai 1757, manifeste dès son jeune âge un goût naturel pour les sciences et visite les principales villes d'Europe afin de compléter son instruction.

Revenu dans sa ville natale, il continua à s'intéresser aux sciences; sa culture et ses relations le facilitaient. Lenormand fit, dans la matinée du 26 décembre 1783, son premier essai de parachutage du haut d'un ormeau se trouvant dans une partie de l'enclos des Cordeliers (actuel square Planchon); l'expérience, plusieurs fois répétée en ce lieu, et d'ailleurs réussie, ne fut jamais réalisée à la Tour de la Babote.

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(Montpellier - L'Observatoire, ancien télégraphe)

Lenormand ne s'était pas contenté d'une expérience de parachutage de hasard, il avait étudié son appareil scientifiquement dans un mémoire ayant trait à la construction théorique d'un engin propre à soutenir le poids d'un homme. En relation avec un Lyonnais récemment arrivé à Montpellier l'abbé Bertholon, professeur de physique et de chimie, il lui confia son travail. Celui-ci, sans vergogne, se l'appropria; il fit même paraître divers mémoires sur l'aérostation, semblant se donner comme l'inventeur du parachute.

Pendant ce temps, Sébastien, s'étant fâché avec sa famille, s'établit à son compte comme horloger-bijoutier, aidé pécuniairement par des amis. Peu de jours après, il est victime d'un cambriolage et perd dans une nuit tout son bien et celui de ceux qui lui ont fait confiance. Exaspéré par la méchanceté de ses concitoyens et l'intransigeance de sa famille, il décide de se retirer du monde et le 10 juillet 1785 entre à la Chartreuse de Saix, près de Castres. Tourmenté pendant l’époque révolutionnaire, il quitte la chartreuse, se marie et devient instituteur à Mazamet. On comprend facilement que le parachute est loin de ses préoccupations et l'abbé Bertholon avec Lavoisier pouvait expérimenter tout ce qu'il voulait, en Avignon et s'en attribuer la gloire.

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(Montpellier - Place de l'observatoire et rue République)

Cependant vers cette époque il a connaissance d'un article de Prieur paru dans la Revue de la Chimie, tome 31 (1798) attribuant à Lavoisier l'invention du parachute; il proteste alors énergiquement et Prieur, à la lecture de son article ne pouvait que reconnaître son erreur, il le fit très loyalement dans un article paru aux Annales de la chimie, trente sixième tome.

Après cet exposé nous concluons, comme bien d'autres, que Sébastien Lenormand est sans conteste, l'inventeur du parachute. Espérons qu'un jour de justice, l'on rendra à Sébastien Lenormand l'hommage qui lui est dû.

22/02/2010

St-Thibery - Le pont romain

Extrait de Les voies dites domitiennes de l'Hérault à l'Orb, J. Coulouma, 1941

D'après de nombreux archéologues, le pont romain de Saint-Thibéry aurait été construit par Domitien Ahenobarbus vers l'année 634 de Rome (120 av. J. C.), au moment où il établit la grande voie qui portait son nom sur l'emplacement de la Voie Héradéenne. Le passage de l'Hérault à Cessero est mentionné dans l'itinéraire d'Antonin, les Vases Apollinaires, la Table Théodosienne, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, documents qui sont de date différente, du II au V Siècle de notre ère. Au moyen-âge le pont sur l'Hérault est cité dans un "déguerpissement" ou abandon que fait en 990 le Vicomte de Béziers, Guillaume, en faveur de l'abbaye de Saint-Thibéry.

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(St Thibéry - Vue générale)

Dans les temps modernes, le pont romain a servi au passage des troupes jusqu'à sa destruction qui daterait, d'après la Géographie de l'Hérault, du début du XVIè siécle et, d'après les Fabre, de l'année 1683. Ces derniers auteurs indiquent que le passage des troupes a même continué par cette voie après cette date, la traversée de l'Hérault se faisant alors par des barques. En 1666 les états du Languedoc accordèrent à la communauté de Saint-Thibéry 1400 livres pour la réparation "du chemin royal qui passait sur le pont". En 1726, les consuls du pays, en se plaignant à l'intendant de l'état du chemin, indiquent que la communauté fournit huit hommes par bataillon "pour aider à passer les deux barques, depuis que le pont est rompu".

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(St Thibéry - Vue générale)

A l'époque romaine et au Moyen-Age, l'Hérault était réuni dans son lit de droite, sous le pont. Au cours de la très forte crue de 1683, l'Hérault s'est divisé en deux bras et il a formé ainsi l'île des Bènédiclins, à la hauteur du village de Saint-Thibéry.

La longueur du pont, écrivaient les Fabre, en 1877, est de 30 mètres pour les cinq arches qui sont encore debout. On aperçoit, ajoutaient les auteurs de "l'Hérault Historique", dans les terrains de l'île, ancien domaine des Bénédictins, une des piles, la dernière probablement, qui permet de fixer à neuf le nombre des ouvertures principales de l'ancien pont.

Depuis cette date l'inondation de 1907 a fait disparaitre la cinquième arche dont il subsiste seulement les vestiges de la pile. Dans l'île nous n'avons pas retrouvé la dernière pile dont parlent les Fabre; par contre, de nombreuses pierres provenant du pont sont disséminées sur le talus de la rive gauche, ou réemployées dans un mur légèrement en amont. La superstructure du pont a été enlevée; il ne reste aucune saillie, ni décorations, qui permettent d'en réconstituer l'état primitif.