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08/03/2010

Abeilhan - La Farce des conscrits

Extrait de Le Folklore du Languedoc, Claude Seignole, 1960

Autrefois tous les conscrits des communes du canton se rendaient au chef lieu, accompagnés des tambours et de la musique de leur village. Au moment du tirage au sort, tous les bons numéros passaient entre deux haies de jeunes gens qui les frappaient à coups de poings sur le dos. Cette coutume a quelquefois provoqué des accidents. Les conscrits plaçaient leur numéro sur le chapeau, dans le dos et sur la poitrine et la fête se terminait par un gros repas, au son de la musique.

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(Abeilhan - Le pont)

De retour au village, ils «branlent» et, la nuit venue, s'emparent de toutes les charrettes malencontreusement laissées dehors. Le lendemain matin on les retrouve dépourvues de roues, formant un amas inextricable. Les pots de fleurs, les tas de bois de chauffage transportés à l'autre extrémité du village, les portes des maisons où se trouvent des jeunes filles soigneusement barricadées sont les distractions les plus classiques.

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(Abeilhan  La place)

De nos jours avant de passer le conseil de révision, les jeunes gens entassent au milieu de la place publique, tout ce qu'ils trouvent dehors; charrettes, charrues, seaux etc. Cela se fait généralement de nuit pour pouvoir agir impunément. Il s'agit de la farce dite du Barri qui s'exécute en Champagne la nuit du 30 avril au 1er mai. A Lodève il est de tradition de démolir les becs de gaz et les enseignes; mais je crois qu'il en est partout de même. A Avène, après un tapage nocturne en règle, ils passent dans les maisons où il y a des filles et se font offrir à boire.

22/02/2010

St-Thibery - Le pont romain

Extrait de Les voies dites domitiennes de l'Hérault à l'Orb, J. Coulouma, 1941

D'après de nombreux archéologues, le pont romain de Saint-Thibéry aurait été construit par Domitien Ahenobarbus vers l'année 634 de Rome (120 av. J. C.), au moment où il établit la grande voie qui portait son nom sur l'emplacement de la Voie Héradéenne. Le passage de l'Hérault à Cessero est mentionné dans l'itinéraire d'Antonin, les Vases Apollinaires, la Table Théodosienne, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, documents qui sont de date différente, du II au V Siècle de notre ère. Au moyen-âge le pont sur l'Hérault est cité dans un "déguerpissement" ou abandon que fait en 990 le Vicomte de Béziers, Guillaume, en faveur de l'abbaye de Saint-Thibéry.

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(St Thibéry - Vue générale)

Dans les temps modernes, le pont romain a servi au passage des troupes jusqu'à sa destruction qui daterait, d'après la Géographie de l'Hérault, du début du XVIè siécle et, d'après les Fabre, de l'année 1683. Ces derniers auteurs indiquent que le passage des troupes a même continué par cette voie après cette date, la traversée de l'Hérault se faisant alors par des barques. En 1666 les états du Languedoc accordèrent à la communauté de Saint-Thibéry 1400 livres pour la réparation "du chemin royal qui passait sur le pont". En 1726, les consuls du pays, en se plaignant à l'intendant de l'état du chemin, indiquent que la communauté fournit huit hommes par bataillon "pour aider à passer les deux barques, depuis que le pont est rompu".

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(St Thibéry - Vue générale)

A l'époque romaine et au Moyen-Age, l'Hérault était réuni dans son lit de droite, sous le pont. Au cours de la très forte crue de 1683, l'Hérault s'est divisé en deux bras et il a formé ainsi l'île des Bènédiclins, à la hauteur du village de Saint-Thibéry.

La longueur du pont, écrivaient les Fabre, en 1877, est de 30 mètres pour les cinq arches qui sont encore debout. On aperçoit, ajoutaient les auteurs de "l'Hérault Historique", dans les terrains de l'île, ancien domaine des Bénédictins, une des piles, la dernière probablement, qui permet de fixer à neuf le nombre des ouvertures principales de l'ancien pont.

Depuis cette date l'inondation de 1907 a fait disparaitre la cinquième arche dont il subsiste seulement les vestiges de la pile. Dans l'île nous n'avons pas retrouvé la dernière pile dont parlent les Fabre; par contre, de nombreuses pierres provenant du pont sont disséminées sur le talus de la rive gauche, ou réemployées dans un mur légèrement en amont. La superstructure du pont a été enlevée; il ne reste aucune saillie, ni décorations, qui permettent d'en réconstituer l'état primitif.

15/02/2010

Béziers - Le règlement des rues au 14ème siècle

Extrait de l'Hérault historique, 1876, Albert et Paul FABRE

Ce règlement découvert dans les archives de Béziers, est sur parchemin. Il mesure 30 centimètres de hauteur sur 16 centimètres de largeur. Il n'a ni date ni signature mais, par la forme de l'écriture, il peut être daté de la fin du XIVème siècle.

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(Béziers - Eglise de la Madeleine)
  • Que toits à cochons, bancs de pierre ou de bois ne demeurent dans aucune rue droite.
  • Que tous les tas d'ordures qui sont dans les recoins obscurs ne demeurent dans aucune desdites rues et que personne n'y en fasse.
  • Que dans aucune des rues droites de Béziers aucun homme n'aille jeter ni amonceler fumier ni paille.
  • Que toutes bosses du sol desdites rues droites soient aplanies à l'aide d'enlèvement de terre, pour en égaliser le niveau.
  • Que nul ne fasse un dépôt d'ordures devant son habitation, à moins qu'il ne demeure dans une rue fermée ou en un ciel ouvert.
  • Qu'aucun homme n'égorge aucune bête, porc ni bœuf, ni mouton, ni bouc, dans une rue droite publique, tant qu'il ne sera pas dans la boucherie.
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(Béziers - Les arènes)
  • Qu'aucun homme ne fasse fondre du suif cru dans la dite ville de Béziers.
  • Qu'aucun homme ne batte ni vanne blé en gerbes dans les rues droites.
  • Qu'aucun homme n'établisse des auvents, ne tienne des baquets, ni pots de plantes, en dehors des forjets, ni sur les fenêtres de Béziers.
  • Que tout entassement de pierres, de pièces de bois pouvant être une cause de péril ou de dommage soit détruit ou qu'on l'étançonne de façon qu'il ne soit ni cause ni possibilité de dommage.
  • Qu'aucun homme ni aucune femme n'établisse clôtures, ni creux à fumiers, ni des lairans (cuvier, comporte) ni ne fasse lessives, ni étendoirs sur les cossières dés remparts.
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(Béziers - Place d'Espagne)

Ce règlement devait constituer une section détachée d'un arrêté général sur la police des rues de la ville, des rues des faubourgs et des chemins de la banlieue. Il devait être une sorte de manuel de l'édilité à l'usage d'un préposé spécial.