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11/01/2010

Meze - Le Boeuf et le Chevalet


Extrait des Publications sur l'Histoire des Communes de l'Hérault, Albert FABRE, vers 1875

L'histoire du bœuf de Mèze dit qu'un habitant des Mourgues, quartier autrefois isolé de toute habitation, possédait un bœuf pour la culture de son terrain, et que cet animal étant mort, on conserva sa peau comme une relique qui fut étendue sur un mannequin en bois et soigneusement conservée dans la famille. Lorsque la peau primitive fut usée, on construisit un bœuf colossal que l'on recouvrit d'une toile simulant la tête avec les cornes, sous laquelle se logèrent les hommes chargés de porter cette carcasse.

 

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(Mèze - Fête locale, la danse du Chevalet)

Le bœuf est manœuvré par huit hommes, quatre de chaque côté; il est formé par une grande toile brune qui descend jusqu'à terre et cache les porteurs. Un homme est chargé de faire mouvoir la tête et les mâchoires, au moyen d'une gaule, et un autre, tenant entre ses mains un baril recouvert d'une peau d'âne tendue, traversée au milieu par une corde goudronnée, imite, en faisant glisser cette corde entre l'index et le pouce un mugissement assez pareil à ceux des bœufs. Au dehors un conducteur ou cornac, armé d'un long aiguillon, commande les évolutions à faire.

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(Mèze - Fête locale, le Boeuf, le comité en tournée de quête)

A un moment donné, sur un signal du conducteur, le bœuf se met à courir, et gare à qui se trouve sur son passage! Il est impitoyablement renversé, au grand contentement des spectateurs. Le bœuf est de toutes les fêtes publiques, comme il était autrefois des fêtes religieuses.

 

14/12/2009

Beziers - Les jeux des petits biterrois

Extrait d'un article tiré de "De Maguelone à la Cité", 1948, Louis J. THOMAS

Les petits enfants de Béziers pratiquent-ils encore, les hommes de Béziers ont-ils connu dans leur enfance, les jeux auxquels se plaisaient les Biterrois de huit à douze ans au temps du roi Louis XVI ?

Voici, pour les aider dans cette recherche et cette comparaison entre le temps de Marie-Antoinette et le nôtre, un bien curieux catalogue des amusements dont se récréaient les petits Biterrois qui avaient douze ans lorsque mourut le roi Louis XV. Ce catalogue a été dressé au mois d'août 1808 par un illustre enfant de Béziers, né le 20 janvier 1762, le général Miquel.

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(Béziers - Sous la neige, sortie du plus jeune chauffeur du Monde)

En l'année 1808, l'empereur Napoléon voulut connaître exactement l'origine et la situation de tous les hommes notables de son Empire. Une vaste enquête fut entreprise; des renseignements furent recueillis, des états furent dressés, que l'on retrouve abondamment parmi les documents statistiques des Archives.

Pour obéir aux ordres venus de Paris, le préfet de l'Hérault voulut entre tant d'autres, dresser la fiche signalétique du général Miquel, notable biterrois. De Foix, où il commandait, Miquel envoya à son neveu Jacques Azais, pour qu'il les transmit au préfet, toutes les précisions désirables sur son âge, sa famille, sa fortune, sa carrière militaire.

 

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(Béziers - Statue Paul RIQUET et le théâtre)

Mais à sa notice, il ajouta le plus savoureux post-scriptum. « Réflexion faite, écrivait-il, comme M. le Préfet désire connaître ce que j'étais avant 1789, il ne serait pas hors de propos, en prenant l'époque d'un peu haut, de lui dire que, in illo tempore, je m'occupais à jouer... :

  • A renguetos
  • A zin-zest
  • A Siro, d'ou-bien-tu ?
  • As quatre cantous
  • A la man caudo
  • Al cugnet
  • Al chabalet de San-Jordi
  • A seletos
  • A Pachechin
  • A las candeletos
  • A las quatre bariolos
  • Al serboulan
  • Al planto portos
  • Al fran-carreou
  • Al pan, ambe de liards contro la muralho
  • A couri ambe la cordo
  • A la gauduffo
  • A barros
  • A las justos, sus de pichots carriots
  • A las damos, sul plan de San-Félix
  • A las bouletos, sul taulié, à Cabrit ou las enganos
  • Al sautarel
  • A la paumo
  • Al rampot
  • Al berlan, ambe de decoupuros
  • Al palet, al rec de Bagnols
  • A las bochos, al rec de Saint-Antonio
  • Al malhé, al cami del Pontil et à la Pourtanelo
  • A fa de soupetos, as moulis ou al poun rouge
  • Al rat, sur l'esquino de las bieillos

07/12/2009

Montagnac - La porte de la Pétardière

Extrait de l'Hérault historique, 1876, Albert et Paul FABRE

Montagnac est une des villes du bas Languedoc qui eut le plus à souffrir des luttes religieuses dans les périodes 1562 à 1570. Le second siége mérite d'être signalé à cause d'un événement imprévu qui obligea les ennemis de l'abandonner.

Des religionnaires se précipitèrent sous les murs de Montagnac dans les premiers jours de l'année 1568. N'ayant point de canons mais une forte quantité de poudre, et ne pouvant battre en brèche, ils résolurent de pratiquer une mine, afin d'entrer dans la place par l'ouverture qu'ils feraient aux remparts. Ils se mirent à l'œuvre et après avoir mis à sec le fossé de la ville alimenté par le ruisseau St-Alban, ils creusèrent cette mine à la partie gauche de la porto dé l'aigo (porte de l'eau, à cause de la fontaine établie à coté). Ce projet aurait réussi sans une circonstance fortuite que l'on pourrait croire légendaire si l'auteur de l'histoire de Montagnac à qui nous empruntons ces détails n'affirmait qu'elle est réellement historique et bien avérée.

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(Montagnac - Vue générale)

« Deux jeunes amants, destinés l'un à l'autre par leurs parents, Jeanne et Louis, dont les noms de famille ne nous sont point parvenus, profitaient d'une lézarde qui se trouvait dans le rempart pour aller s'entretenir de leurs amours; il n'y avait pas alors de maisons adossées à ce rempart. Un soir Jeanne entendit quelques gémissements et reconnut bientôt la voix de son amant. Elle l'interrogea sur le motif de sa tristesse. Ce fut d'abord sans succès, mais enfin elle eut le bonheur de lui arracher son secret.

Louis, bien que catholique, favorisait de ses vœux l'entreprise des religionnaires, et il avait vu la mine qu'ils apprêtaient pour faire sauter la porte. C'est peut-être, dit-il à son amante, la dernière fois que nous nous voyons; car je ne doute pas que la ville ne soit bientôt prise et ses habitants massacrés par les assiégeants. A ces mots Jeanne redouble ses instances et lui adresse de tendres reproches sur son peu de confiance. Louis ne peut résister aux pleurs de celle qu'il aime; il lui signale la mine creusée par les assiégeants; lui dit que ce pétard doit être allumé au milieu de la nuit, la ville prise et les habitants égorgés.

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(Montagnac - L'église et la fontaine des Quatre-saisons)

Aussitôt cette jeune fille va trouver ses parents, se fait conduire devant les magistrats et leur révèle ce qu'elle vient d'apprendre, Des mesures sont prises; on court à la mine; les travaux des assiégeants sont détruits et la ville sauvée, grâces au patriotisme de cette nouvelle Jeanne d'Arc»

C'est en mémoire de cette heureuse délivrance de la ville, qui arriva dans les premiers jours de janvier, que l'on fit une procession solennelle comme à la Fête-Dieu. Cette procession parcourait la ville le dimanche le plus près de l'Epiphanie pour se conformer à la loi, elle n'a plus lieu que dans l'intérieur de l'église. Tel est l'événement qui a fait prendre à la porte dont il s'agit et à la fête que l'on célèbre chaque année le nom de la Pétardière.