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24/05/2010

Béziers - Dejanire aux arènes de Béziers

Texte extrait de L'illustration, 3 septembre 1898, DEJANIRE A BEZIERS

Une très intéressante expérience artistique vient d'être faite à Béziers. On a donné, le 29 août, en plein jour dans les vastes arènes toutes neuves que possède cette ville, la première présentation de Déjanire, tragédie en quatre actes de M. Louis Gallet, inspirée de Sophocle et de Sénèque, avec chœurs, musique de scène et ballet de M. Camille Saint-Saëns. La partie dramatique a été interprétée par des artistes de l’Odéon: MM. Dorival et Dauvilliers; Mmes Segond-Weber, Cora Laparcerie et Odette de Fehl. Mme Jane Habuteau, du même théâtre, récita un prologue de circonstance. L’éminent compositeur dirigeait lui-même l'exécution de son oeuvre, dont M. Duc et Melle Armande Bourgeois, de l'Opéra, ont chanté les soli.

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(Béziers - Le décor de Déjanire - Photo l'illustration 1898)

Deux musiques d'harmonie avaient été adjointes à l’orchestre, composé de harpes et de violons. Sur la scène, adossée au toril des arènes à ciel ouvert, un immense décor de Jambon, couvrant 4,000 mètres de toile et représentant: au premier plan, les portiques du palais; au fond, le bûcher dressé parmi les arbres, puis la ville d'Oechalie et la lointaine perspective des montagnes. Ce tableau vraiment grandiose a produit tout son effet, lorsqu’il s'est animé, au jeu des acteurs. Favorisée par le soleil du Midi, cette représentation a obtenu un succès d'enthousiasme devant les dix mille spectateurs entassés sur les gradins. Belle journée, en somme, où le comité des fêtes de Béziers et son président, M. Castelhon de Bauxhostes, ont trouvé la juste récompense de leur heureuse initiative.

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(Béziers - Armide, 2eme acte, la haine poursuivant Armide de ses imprécations)

27/04/2010

Béziers - L'ingénieur Cordier et le problème de l'eau

Extrait de Pages d'histoire biterroise, Raymond ROS, 1941

Les fontaines élevées dans l'intérieur de la ville, celle de l'Hôtel de Ville surtout, autour desquelles se groupait une nombreuse population féminine, sujet de sollicitude pour la police et de joyeuse satyre pour les poètes locaux, ne coulaient pas toujours; alors au bruissement de l'onde et aux cris de la foule succédaient pendant des mois entiers l'isolement et le silence. Ces fâcheuses interruptions tenaient à la nature des eaux, des aqueducs et des conduites qu'elles avaient à parcourir. Les aqueducs creusés à la sape avaient de fréquents éboulements; les conduites en poterie s'engorgeaient ou se rompaient souvent.

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(Béziers - La mairie)

M. de Clapiés, ingénieur de la province de Languedoc, constata que la somme des eaux à leur source était de treize pouces, et que cependant il n'en coulait que près de deux pouces dans la ville; il dirigea tous les efforts sur la bonne construction et l'entretien des conduites et aqueducs. Mais ce moyen ne pouvait être qu'insuffisant; Béziers n'est point dominé par des fontaines naturelles; aucune source ne fournissait à ses fontaines qui ne recevaient d'autres eaux que celles qui, filtrant à travers les terres, devaient diminuer et parfois disparaissaient pendant le temps de sécheresse. Pour remédier à cet état de choses, on se mettait en quête de sources, on proposait d'ouvrir de nouveaux aqueducs, on réparait les ouvrages existants. Telle a été la voie suivie pendant un espace de près de six siècles...

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(Béziers - Le moulin Cordier)

Vers la fin du XVIIIe siècle, les progrès des sciences et des arts mécaniques suggérèrent l'idée de moyens plus capables d'assurer à la ville de Béziers un volume d'eau proportionné aux besoins de sa population. Un certain nombre d’ingénieur en hydraulique firent des propositions pour alimenter la ville en eau potable à l’aide d’une machine à vapeur. Tous ces projets furent rejetés comme imparfaits ou trop dispendieux. Enfin, grâce au zèle persévérant d'un maire, M. le comte de Neffiés, et à l'habileté d'un artiste, devenu ingénieur, né dans nos murs, M. Jean Marie Cordier (1785-1859), la population de Béziers vit avec des transports de joie lës eaux de l'Orb couler dans ses rues. Le 13 août 1826, entre la ville et Cordier intervint un traité par lequel celui-ci s'obligeait, pour 60.000 francs, de construire une machine à vapeur élevant 12 litres 1/3 d'eau pour chaque habitant à raison d'une population de 16.000 âmes; de donner deux ou trois fois plus en cas d'incendie et 1/3 en sus pendant les grandes chaleurs. Le 23 septembre 1827, l'eau de l'Orb coula pour la première fois dans nos rues. Cordier fut le héros de cette fête.

Depuis cette époque, nos vieilles fontaines ont toutes disparu.

 

 

15/02/2010

Béziers - Le règlement des rues au 14ème siècle

Extrait de l'Hérault historique, 1876, Albert et Paul FABRE

Ce règlement découvert dans les archives de Béziers, est sur parchemin. Il mesure 30 centimètres de hauteur sur 16 centimètres de largeur. Il n'a ni date ni signature mais, par la forme de l'écriture, il peut être daté de la fin du XIVème siècle.

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(Béziers - Eglise de la Madeleine)
  • Que toits à cochons, bancs de pierre ou de bois ne demeurent dans aucune rue droite.
  • Que tous les tas d'ordures qui sont dans les recoins obscurs ne demeurent dans aucune desdites rues et que personne n'y en fasse.
  • Que dans aucune des rues droites de Béziers aucun homme n'aille jeter ni amonceler fumier ni paille.
  • Que toutes bosses du sol desdites rues droites soient aplanies à l'aide d'enlèvement de terre, pour en égaliser le niveau.
  • Que nul ne fasse un dépôt d'ordures devant son habitation, à moins qu'il ne demeure dans une rue fermée ou en un ciel ouvert.
  • Qu'aucun homme n'égorge aucune bête, porc ni bœuf, ni mouton, ni bouc, dans une rue droite publique, tant qu'il ne sera pas dans la boucherie.
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(Béziers - Les arènes)
  • Qu'aucun homme ne fasse fondre du suif cru dans la dite ville de Béziers.
  • Qu'aucun homme ne batte ni vanne blé en gerbes dans les rues droites.
  • Qu'aucun homme n'établisse des auvents, ne tienne des baquets, ni pots de plantes, en dehors des forjets, ni sur les fenêtres de Béziers.
  • Que tout entassement de pierres, de pièces de bois pouvant être une cause de péril ou de dommage soit détruit ou qu'on l'étançonne de façon qu'il ne soit ni cause ni possibilité de dommage.
  • Qu'aucun homme ni aucune femme n'établisse clôtures, ni creux à fumiers, ni des lairans (cuvier, comporte) ni ne fasse lessives, ni étendoirs sur les cossières dés remparts.
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(Béziers - Place d'Espagne)

Ce règlement devait constituer une section détachée d'un arrêté général sur la police des rues de la ville, des rues des faubourgs et des chemins de la banlieue. Il devait être une sorte de manuel de l'édilité à l'usage d'un préposé spécial.