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15/03/2010

Lodève - L'industrie textile

Extrait de l'Hérault Géographique et Historique, Paul MARRES et Léon BLANQUET, vers 1900

Très vieille industrie, la fabrique des draps existait au moyen âge. En 1288, un règlement sur la fabrication des draps de Béranger, évêque de Lodève, établit déjà l'ancienneté de ce « métier de draperie » et l'existence de nombreux drapiers dans la ville et les faubourgs.

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(Lodève - Le parc et sa cathédrale)

L'industrie lodévoise, née de l'élevage du mouton dans un pays pauvre, des eaux claires de la Soulondre et de la Lergue, excellentes pour le lavage des laines, le foulonnage et le dégraissage des draps, ne serait restée qu'une industrie locale sans les circonstances historiques. Elle se développe à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle sous l'impulsion donnée par Colbert au commerce de France. Toutefois, on n'y fabriquait encore que des serges et autres petites étoffes qui se consommaient alors.

Elle se spécialise au XVIIIe siècle dans la fabrication des draps de troupe ou draps gris blancs. La régularité des commandes la préserve de toute crise. Comme dans beaucoup d'autres régions françaises les laines sont filées et tissées à domicile, soit à Lodève, soit dans les campagnes.

  • Le marchand-fabricant est plutôt un agent de coordination dans les différentes opérations de la fabrication des draps qu'un chef d'usine. Il ne s'occupe que de l'apprêt des laines et des draps
  • Le tissage à domicile assure un complément de ressources aux paysans de l'Escandorgue et des Ruffes pendant l'hiver.
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(Lodève - L'usine vieille)

Le cardinal Fleury, parent et ami de plusieurs drapiers. favorisa l'industrie de sa ville natale en lui faisant accorder la fourniture des draps pour les troupes royales. Les ressources de l'industrie drapière permettent au pays d'importer les grains nécessaires à la subsistance de ses habitants. Cette activité se maintient pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire. En 1809, s’introduisent les métiers mécaniques anglais à filer la laine. Le tissage à domicile disparaît et le machinisme prive les paysans de la montagne d'appréciables ressources comme le constate le conseil d'arrondissement de Lodève et provoque l'exode des campagnes.

08/03/2010

Abeilhan - La Farce des conscrits

Extrait de Le Folklore du Languedoc, Claude Seignole, 1960

Autrefois tous les conscrits des communes du canton se rendaient au chef lieu, accompagnés des tambours et de la musique de leur village. Au moment du tirage au sort, tous les bons numéros passaient entre deux haies de jeunes gens qui les frappaient à coups de poings sur le dos. Cette coutume a quelquefois provoqué des accidents. Les conscrits plaçaient leur numéro sur le chapeau, dans le dos et sur la poitrine et la fête se terminait par un gros repas, au son de la musique.

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(Abeilhan - Le pont)

De retour au village, ils «branlent» et, la nuit venue, s'emparent de toutes les charrettes malencontreusement laissées dehors. Le lendemain matin on les retrouve dépourvues de roues, formant un amas inextricable. Les pots de fleurs, les tas de bois de chauffage transportés à l'autre extrémité du village, les portes des maisons où se trouvent des jeunes filles soigneusement barricadées sont les distractions les plus classiques.

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(Abeilhan  La place)

De nos jours avant de passer le conseil de révision, les jeunes gens entassent au milieu de la place publique, tout ce qu'ils trouvent dehors; charrettes, charrues, seaux etc. Cela se fait généralement de nuit pour pouvoir agir impunément. Il s'agit de la farce dite du Barri qui s'exécute en Champagne la nuit du 30 avril au 1er mai. A Lodève il est de tradition de démolir les becs de gaz et les enseignes; mais je crois qu'il en est partout de même. A Avène, après un tapage nocturne en règle, ils passent dans les maisons où il y a des filles et se font offrir à boire.

01/03/2010

Montpellier - L'inventeur du parachute

Extrait de Vieilles rues de Montpellier, Tome II, Louis ESCURET, 1964

A la base de nombreuses légendes il y a souvent une part de vérité, tel est le cas du soi-disant parachutage de Lenormand, effectué, comme l'a écrit par erreur Louis Figuier, du haut de la Tour de la Babote.

La vérité est la suivante :

La famille Lenormand originaire du pays chartrain en bordure de l'Orléanais, s'établit comme horloger-bijoutier à Montpellier en 1755. Sébastien, né le 25 mai 1757, manifeste dès son jeune âge un goût naturel pour les sciences et visite les principales villes d'Europe afin de compléter son instruction.

Revenu dans sa ville natale, il continua à s'intéresser aux sciences; sa culture et ses relations le facilitaient. Lenormand fit, dans la matinée du 26 décembre 1783, son premier essai de parachutage du haut d'un ormeau se trouvant dans une partie de l'enclos des Cordeliers (actuel square Planchon); l'expérience, plusieurs fois répétée en ce lieu, et d'ailleurs réussie, ne fut jamais réalisée à la Tour de la Babote.

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(Montpellier - L'Observatoire, ancien télégraphe)

Lenormand ne s'était pas contenté d'une expérience de parachutage de hasard, il avait étudié son appareil scientifiquement dans un mémoire ayant trait à la construction théorique d'un engin propre à soutenir le poids d'un homme. En relation avec un Lyonnais récemment arrivé à Montpellier l'abbé Bertholon, professeur de physique et de chimie, il lui confia son travail. Celui-ci, sans vergogne, se l'appropria; il fit même paraître divers mémoires sur l'aérostation, semblant se donner comme l'inventeur du parachute.

Pendant ce temps, Sébastien, s'étant fâché avec sa famille, s'établit à son compte comme horloger-bijoutier, aidé pécuniairement par des amis. Peu de jours après, il est victime d'un cambriolage et perd dans une nuit tout son bien et celui de ceux qui lui ont fait confiance. Exaspéré par la méchanceté de ses concitoyens et l'intransigeance de sa famille, il décide de se retirer du monde et le 10 juillet 1785 entre à la Chartreuse de Saix, près de Castres. Tourmenté pendant l’époque révolutionnaire, il quitte la chartreuse, se marie et devient instituteur à Mazamet. On comprend facilement que le parachute est loin de ses préoccupations et l'abbé Bertholon avec Lavoisier pouvait expérimenter tout ce qu'il voulait, en Avignon et s'en attribuer la gloire.

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(Montpellier - Place de l'observatoire et rue République)

Cependant vers cette époque il a connaissance d'un article de Prieur paru dans la Revue de la Chimie, tome 31 (1798) attribuant à Lavoisier l'invention du parachute; il proteste alors énergiquement et Prieur, à la lecture de son article ne pouvait que reconnaître son erreur, il le fit très loyalement dans un article paru aux Annales de la chimie, trente sixième tome.

Après cet exposé nous concluons, comme bien d'autres, que Sébastien Lenormand est sans conteste, l'inventeur du parachute. Espérons qu'un jour de justice, l'on rendra à Sébastien Lenormand l'hommage qui lui est dû.