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22/02/2010

St-Thibery - Le pont romain

Extrait de Les voies dites domitiennes de l'Hérault à l'Orb, J. Coulouma, 1941

D'après de nombreux archéologues, le pont romain de Saint-Thibéry aurait été construit par Domitien Ahenobarbus vers l'année 634 de Rome (120 av. J. C.), au moment où il établit la grande voie qui portait son nom sur l'emplacement de la Voie Héradéenne. Le passage de l'Hérault à Cessero est mentionné dans l'itinéraire d'Antonin, les Vases Apollinaires, la Table Théodosienne, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, documents qui sont de date différente, du II au V Siècle de notre ère. Au moyen-âge le pont sur l'Hérault est cité dans un "déguerpissement" ou abandon que fait en 990 le Vicomte de Béziers, Guillaume, en faveur de l'abbaye de Saint-Thibéry.

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(St Thibéry - Vue générale)

Dans les temps modernes, le pont romain a servi au passage des troupes jusqu'à sa destruction qui daterait, d'après la Géographie de l'Hérault, du début du XVIè siécle et, d'après les Fabre, de l'année 1683. Ces derniers auteurs indiquent que le passage des troupes a même continué par cette voie après cette date, la traversée de l'Hérault se faisant alors par des barques. En 1666 les états du Languedoc accordèrent à la communauté de Saint-Thibéry 1400 livres pour la réparation "du chemin royal qui passait sur le pont". En 1726, les consuls du pays, en se plaignant à l'intendant de l'état du chemin, indiquent que la communauté fournit huit hommes par bataillon "pour aider à passer les deux barques, depuis que le pont est rompu".

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(St Thibéry - Vue générale)

A l'époque romaine et au Moyen-Age, l'Hérault était réuni dans son lit de droite, sous le pont. Au cours de la très forte crue de 1683, l'Hérault s'est divisé en deux bras et il a formé ainsi l'île des Bènédiclins, à la hauteur du village de Saint-Thibéry.

La longueur du pont, écrivaient les Fabre, en 1877, est de 30 mètres pour les cinq arches qui sont encore debout. On aperçoit, ajoutaient les auteurs de "l'Hérault Historique", dans les terrains de l'île, ancien domaine des Bénédictins, une des piles, la dernière probablement, qui permet de fixer à neuf le nombre des ouvertures principales de l'ancien pont.

Depuis cette date l'inondation de 1907 a fait disparaitre la cinquième arche dont il subsiste seulement les vestiges de la pile. Dans l'île nous n'avons pas retrouvé la dernière pile dont parlent les Fabre; par contre, de nombreuses pierres provenant du pont sont disséminées sur le talus de la rive gauche, ou réemployées dans un mur légèrement en amont. La superstructure du pont a été enlevée; il ne reste aucune saillie, ni décorations, qui permettent d'en réconstituer l'état primitif.

15/02/2010

Béziers - Le règlement des rues au 14ème siècle

Extrait de l'Hérault historique, 1876, Albert et Paul FABRE

Ce règlement découvert dans les archives de Béziers, est sur parchemin. Il mesure 30 centimètres de hauteur sur 16 centimètres de largeur. Il n'a ni date ni signature mais, par la forme de l'écriture, il peut être daté de la fin du XIVème siècle.

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(Béziers - Eglise de la Madeleine)
  • Que toits à cochons, bancs de pierre ou de bois ne demeurent dans aucune rue droite.
  • Que tous les tas d'ordures qui sont dans les recoins obscurs ne demeurent dans aucune desdites rues et que personne n'y en fasse.
  • Que dans aucune des rues droites de Béziers aucun homme n'aille jeter ni amonceler fumier ni paille.
  • Que toutes bosses du sol desdites rues droites soient aplanies à l'aide d'enlèvement de terre, pour en égaliser le niveau.
  • Que nul ne fasse un dépôt d'ordures devant son habitation, à moins qu'il ne demeure dans une rue fermée ou en un ciel ouvert.
  • Qu'aucun homme n'égorge aucune bête, porc ni bœuf, ni mouton, ni bouc, dans une rue droite publique, tant qu'il ne sera pas dans la boucherie.
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(Béziers - Les arènes)
  • Qu'aucun homme ne fasse fondre du suif cru dans la dite ville de Béziers.
  • Qu'aucun homme ne batte ni vanne blé en gerbes dans les rues droites.
  • Qu'aucun homme n'établisse des auvents, ne tienne des baquets, ni pots de plantes, en dehors des forjets, ni sur les fenêtres de Béziers.
  • Que tout entassement de pierres, de pièces de bois pouvant être une cause de péril ou de dommage soit détruit ou qu'on l'étançonne de façon qu'il ne soit ni cause ni possibilité de dommage.
  • Qu'aucun homme ni aucune femme n'établisse clôtures, ni creux à fumiers, ni des lairans (cuvier, comporte) ni ne fasse lessives, ni étendoirs sur les cossières dés remparts.
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(Béziers - Place d'Espagne)

Ce règlement devait constituer une section détachée d'un arrêté général sur la police des rues de la ville, des rues des faubourgs et des chemins de la banlieue. Il devait être une sorte de manuel de l'édilité à l'usage d'un préposé spécial.

08/02/2010

Villemagne l'argentière - Les mines d'argent

Extrait de Capimont, 1939, J.E. CANITROT

En 1164, Raymond Trencavel, vicomte de Béziers, et Ermengade, vicomtesse de Narbonne, signent une transaction sur les mines d'argent de leur domaine et frappent monnaie - sols de Béziers - comme les comtes de Melgueil (ou Mauguio) près de Montpellier - (sols melgoriens). Ils retiennent pour eux la moitié du produit des mines et laissent l'autre moitié aux propriétaires particuliers du sol. Ces mines de plomb argentifère - dont on voit encore sur les bords de la Mare, au Pradal, etc., les excavations - ont contribué à établir jadis la fortune de Villemagne et lui ont laissé le surnom d' « Argentière ».

 

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(Villemagne - une porte)

A-t-on jamais frappé monnaie à Villemagne ? Peut-être le vicomte de Béziers Raymond et son fils Roger Trencavel, et la comtesse de Narbonne, lorsqu'ils venaient y villégiaturer, usant du droit régalien de battre monnaie, y firent-ils frapper sols et médailles... Les abbés de Villemagne ne se prévalurent jamais de ce droit, et le fameux « Hôtel des Monnaies » n'est qu'un nom « dû à la déformation du passé dans l'imagination populaire », car on n'a jamais pu trouver jusqu'ici trace de monnaies et médailles frappées à Villemagne. « Cette grande maison romane, élevée sans doute à la fin du XIIe siècle, n'est qu'un immeuble divisé en quatre logements tous pareils, peut-être occupés d'ailleurs par les employés des mines » (de Dainville) ou servant de pied-à-terre aux fastueux Trencavel de Béziers, de même qu'un autre logis « d'une décoration plus précieuse encore » que l'on trouve dans la même rue de l' « Hôtel des Monnaies », était peut-être à l'usage d'Ermengarde de Narbonne (?).

 

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(Villemagne - Eglise et tour historique)

Villemagne « l'Argentière » était surtout riche en églises. Elle n'en comptait pas moins de six avant les guerres de religion. Trois se trouvaient dans l'enceinte du couvent, et les trois autres dans le village ou à ses portes. Villemagne n'a plus aujourd'hui qu'une église romane en ruines, jadis église paroissiale dédiée à Saint Grégoire et une autre église, celle de l'abbaye bénédictine, l'église paroissiale actuelle, dédiée d'abord au Saint Sauveur, puis à Saint Majan, patron de Villemagne.