29.06.2009

Montpellier - L'hôpital de la Colombière

"Celui-là, il est fou, on devrait l'enfermer à Font-d'Aurelle". Font-d'Aurelle était l'ancien nom de l'hôpital de la Colombière. Construit au milieu des champs et des vignes au début des années 1900, il se trouve aujourd'hui enserré par la faculté des sciences, les hôpitaux et de nombreux immeubles.

 

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(Montpelier - Nouvel hospice des aliénés)

 

Les bâtiments ont très peu changé et jouent toujours le même rôle, plus de 100 ans après.

 

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(Montpellier - Hospice des aliénés)

 

 

08.06.2009

Montpellier - Le petit vent du Nord

Combien d'inventeurs de génie sont restés inconnus pour un qui a connu la célébrité ? Pierre TERRAL était certainement un des précurseurs de l'invention du ventilateur, conséquence d'un séjour au Maroc durant lequel il a souffert de la chaleur suffoquante du désert. L'histoire ne retiendra de lui que la lettre qu'il écrivît au bey de Tunis et si une rue de Montpellier porte aujourd'hui son nom, cela est dû au rang social de sa famille dans cette partie de la ville.

 

Extrait de De la Tour Magne à Saint-Nazaire, 1942, THOMAS et SEGUI

Au mois de juin 1737 fut saisie à Marseille une lettre écrite au bey de Tunis, Hussein-ben-Ali, le fondateur de la dynastie encore régnante. Bien que la paix existât alors entre la France et la Régence de Tunis, la lettre parut suspecte assez pour qu'on crût devoir la soumettre au ministre, le comte de Maurepas, secrétaire d'Etat à la marine. La lettre, signée « Lartéry » demandait au bey une avance de 600 livres. Cette avance, versée à Sollier, chez Cot, marchand de Marseille, permettrait à « Lartéry » de faire connaître au souverain de Tunis « des choses qui pourront en peu de temps faire votre bonheur, et de votre nation... » Etait-ce un espion qui s'offrait? Ou un courtier marron au service de la contrebande et de la piraterie barbaresques?

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(Montpellier - Hôtel des postes)

Une rapide enquête apprit que le nom de Lartéry était inconnu a Montpellier. Baudouin, subdélégué de Montpellier, chargé de l'enquête, eut vite fait de découvrir le domicile de Sollier, près de la porte Saint-Guilhem, « à la Valfère, dans une rue qui descend de Sainte-Anne, vis-à-vis le four de Fourcade ». Il put se procurer de son écriture. Cette écriture ne ressemblait point à celle de la lettre saisie à Marseille. Sollier fut saisi et conduit dans un cachot de la Citadelle... Sollier reconnut sans peine avoir été à Marseille au cours du dernier hiver, pour y travailler de son métier de commissionnaire. Mais quand on lui présenta la lettre au bey de Tunis, il pâlit, se troubla et dut finalement reconnaître qu'il emporta, en effet, cette lettre de Montpellier à MarseIlle à son dernier voyage. Sollier avoua enfin que la lettre lui fut confiée par un honnête bourgeois de Montpellier, son voisin, Pierre Terral, qui fut jadis esclave au Maroc et y connut Son Excellence le Bey avant sa victoire et son élévation.

Le soir même, Pierre Terral, par les soins du subdélégué, avait rejoint SoIlier à la Citadelle. C'était un vieillard de 76 ans, alerte encore, aux yeux rêveurs, au maintien placide et doux, qui répondit d'abord sans embarras aux questions du magistrat. Il reconnut la lettre accusatrice et raconta qu'il la tenait d'un certain Bruis, que Martial lui avait recommandé. Cependant que le greffier enregistrait ces réponses, le subdélégué relisait la lettre, essayant d'en scruter l'énigmatique signature: Lartéry... Et, tout d'un coup, il a une illumination: la lettre finale ôtée, il y a dans Lartéry l'anagramme de Terral. Il tient le coupable...

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(Montpellier - Quartier général)

Et Terral, confondu, doit parapher de son vrai nom cette lettre, qu'il avoue avoir écrite de sa main. Mais pourquoi donc l'a-t-il écrite? Et voici le récit naïf et touchant que le greffier Jean Albisson transcrivit de sa plume indifférente et fidèle, pendant que parlait Pierre Terral. Terral voulait proposer au bey de Tunis de lui fabriquer un nombre de soufflets de nouvelle invention, « lesquels soufflets auraient servi au bey à le rafraîchir et les femmes de son sérail... ». Il comptait y joindre d'autres inventions, propres à enrichir les sujets de Son Excellence, dont les largesses serviraient à l'indemniser d'une longue captivité, « ayant été sept ans esclave du roi de Maroc » Le subdélégué, méfiant, avant de croire à ce récit d'un doux et inoffensif maniaque, fit perquisition et inventaire chez Pierre Terral, où les scellés avaient été mis, par prudence, dès son arrestation. Il trouva tout de suite le cachet qui avait servi à sceller la lettre suspecte. Mais il trouva aussi mille papiers remplis de dessins, de chiffres et de descriptions sur les « idées chimériques », soufflets, moulins, dragons volants, auxquelles se complaisait si dangereusement pour son repos le malheureux Pierre Terral.

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(Montpellier - Le marché neuf)

Quand M. de Bernage reçut le rapport de Baudouin, il se souvint, en effet, que Pierre Terral avait obtenu brevet de Sa Majesté, lui donnant privilège exclusif pour fabriquer et vendre, dans le royaume et hors du royaume, les « petits vents du Nord » de son invention. Il s'empressa de rendre compte au ministre, qui donna aussitôt l'ordre d'élargir les deux prisonniers. Le 26 octobre, Sollier, à peine sorti de prison, assigna son malencontreux voisin en 2.000 livres de dommages. Pierre Terral, tout déconfit, retrouvant ses paperasses en désordre et ses inventions compromises, se crut définitivement perdu s'il lui fallait payer encore 2.000 livres et les frais. Il alla supplier l'Intendant, et Sollier, menacé d'être ramené à la Citadelle s'il ne retirait sa plainte, se montra conciliant.

Pierre Terral put donc achever paisiblement sa vie, sans avoir rencontré la fortune ni la gloire, ayant perdu l'espoir de léguer son nom d'inventeur à la postérité. Mais il nous reste de lui, dans les anciennes archives de la province, sa naïve lettre au bey de Tunis, - et sur les murs de Montpellier son nom de bourgeois et de propriétaire: puisque cette rue du quartier de la Valfère qui descend de Sainte-Anne vers l'ancienne enceinte de la ville s'appelle encore aujourd'hui la rue Terral.

 

 

 

18.05.2009

Montpellier - La révolte des étudiants

La révolte débute à Montpellier dans les internats. Elle sera rapidement contrôlée. Mais petit à petit, elle gagnera d'autres villes universitaires comme Toulouse.

Montpellier, 18 mars 1882

A la suite des désordres qui ont éclaté au Lycée de notre ville, M. le recteur de l'Académie de Montpellier a pris un arrêté aux termes duquel non seulement les internes de la 4ème division (philosophie), mais également ceux des 5ème, 6ème et 7ème divisions (mathématiques préparatoires, rhétorique et seconde), sont licenciés jusqu’à nouvel ordre.

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(Montpellier - L'université)

Ces trois dernières divisions comprennent un total de cent trois élèves qui ne tarderont pas, sans doute, à être réintégrés pour la plupart au lycée, après que l’enquête ouverte sera terminée.

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(Montpellier - La cité universitaire)

Quant aux vingt-un élèves de philosophie, considérés comme les promoteurs de la révolte, ils seront probablement exclus d'une façon définitive. Les élèves externes des quatre classes licenciées ont été reçus ce matin au lycée et ont repris leurs cours accoutumés.

 

11.05.2009

Montpellier-Pézenas - L'exécution de Pommarèdes


Extrait du Courrier du Midi Montpellier, 21 février 1843

Il y a eu samedi dernier un an que celui qui avait jeté l'épouvante parmi les populations des arrondissements de Béziers et de Lodève, l'auteur de l'assassinat de Cauvy et de Carratier, commit son dernier crime en arrêtant le sieur Gelly, de Gabian, et le sieur Boulerais, dit Cambajou, et tomba enfin sous la main de la justice.

Par l'effet de retards successifs, qui ont eu quelque chose de, providentiel, l'anniversaire de ce jour a été aussi celui de l'expiation, Jean Pommarèdes, dit Carcassonne, natif de Caux, condamné à la peine capitale par arrêt de la cour d'assises de l'Hérault, du 7 décembre dernier, et dont le pourvoi en cassation était rejeté depuis le 5 janvier, est parti samedi 18 février à cinq heures du matin, de Montpellier, pour être conduit au supplice.

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(Montpellier - Le palais de Justice)

A quatre heures et demie, MM. les administrateurs des prisons accompagnés de M. l'aumônier, out rendu visite au patient pour lui annoncer que l'heure fatale allait sonner. Un tremblement convulsif a saisi le malheureux à cette nouvelle inopinée; des larmes ont mouillé ses paupières; mais, se remettant presque aussitôt, ses premières paroles ont eu pour but de demander à se confesser. On lui a répondu qu'il le ferait à Pézenas, et il a été conduit à la messe qu'allait célébrer pour lui le digne aumônier.

Cinq heures sonnaient lorsque le condamné est monté dans une voiture de louage ouverte, une sorte de char-à-banc, où M. l'abbé Cellier, le maréchal de- logis de la gendarmerie et un gendarme ont pris place auprès de lui, et la voiture, escortée par d'autres gendarmes à cheval, s'est dirigée vers la route de Pézenas, en passant par la porte du Peyrou, la rue de la Merci et le cours des casernes.

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(Montpellier - Le palais de Justice)

Malgré l'heure matinale et la profonde obscurité de la nuit, un nombre immense de curieux encombraient les abords du palais de justice, les boulevards et sous les parcours jusqu'au-delà du pont à bascule. Chose bien affligeante à dire, cette foule avide a manifesté des sentiments indignes d'une nation civilisée. Une horde de barbares a couvert de huées et d'outrages le malheureux condamné qui, malgré ses crimes, aurait dû, en ce moment suprême, exciter une profonde pitié; des femmes, de jeunes filles poussaient des vociférations de cannibales contre un homme que l'on conduisait au dernier supplice ! Dans leur honteux acharnement, on les entendait se dire que la justice était trop douce pour un aussi grand criminel; ils auraient voulu jouir du spectacle de sa torture !!!

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(Montpellier - Le Palais de Justice et l'Arc de Triomphe)

Le fatal convoi est arrivé à Pézenas à dix heures, au milieu de l'immense concours des populations voisines que ce triste spectacle avait attirées. Pendant ce lugubre voyage, le condamné a reçu les secours de la religion avec une expression de repentir et des sentiments de résignation qui ne se sont pas démentis jusqu'au dernier moment. A onze heures et demie, il a été conduit sur un chariot découvert à la place St-Jean, désignée pour l'exécution, ayant toujours à son côté le digne ecclésiastique qui soutenait son courage, lui montrait l'image du Christ, et récitait avec lui les prières des agonisants. Le repentir de ce malheureux était tel, qu'il manifestait à chaque instant le regret que le supplice ne fût pas accompagné de souffrances plus en rapport avec l'énormité de ses crimes. Le prêtre est monté avec lui sur l'échafaud, et lorsqu'on a vu l'homme de la religion recevoir dans ses bras le pêcheur repentant, que la justice humaine avait flétri et que son glaive allait frapper, la multitude, vivement impressionnée, n'a pu contenir l'expression des sentiments dont celte scène sublime l'a pénétrée. A peine M. Cellier était descendu de l'échafaud et avait fléchi les genoux au pied de ce fatal escalier, que tout était consommé.

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(Pézenas - Place du 14 juillet)

On peut, sans exagération, évaluer de 35 à 40 mille le nombre des personnes que ce sanglant spectacle avait attirées à Pézenas. Mais si l'on doit déplorer l'avide curiosité qui a mis en mouvement une telle affluence de gens, on doit aussi, à leur louange, reconnaître que l'attitude de tous a été grave et silencieuse, et que le seul sentiment qui se soit manifesté est celui d'une douloureuse anxiété.

Une dame, et c'est bien tant pis pour elle, qui, volontairement, assistait aussi, d'une fenêtre à cet horrible drame a été saisie soudain de spasmes et de convulsions telles qu’il a été fort difficile de rappeler ses esprits.

 

20.04.2009

Montpellier - Prise de la Citadelle en 1790

On a souvent tendance à croire que la Révolution ne s'est faite qu'à Paris. Mais les villes de province ont aussi eu droit à leur lot de manifestations. En 1790, la ville de Montpellier est le théâtre d'un événement que l'on a tendance à rapprocher à la prise de la Bastille.

Extrait de "De Maguelone à la Cité", 1948, THOMAS et SEGUI

Le 5 février 1790. un groupe de militants montpelliérains se réunissaient chez le fils Delon. Il s'agissait de constituer un club qui rassemblerait tous les fervents de la Révolution.

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(Montpellier - La rue Nationale)

Le club vit le jour quelques semaines plus tard sous le nom de « Société des Amis de la Constitution et de l'Egalité », et la plupart des notables du Clapas - plus de quatre cents - s'y firent inscrire malgré le chiffre élevé de la cotisation. Il s'installa dans l'hôtel Flaugergues, à l'angle de la rue de la Croix-d’Or et de la rue du Cardinal, l'actuelle rue de la Loge.

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(Montpellier - Caserne du génie)

Jaloux des lauriers des patriotes parisiens, les militants de la Société populaire demandèrent, dès le mois d'avril 1790, que la Citadelle, « réceptacle de mort et de captivité », fût rasée. Une vingtaine de jeunes Jacobins, bouillants d'impatience, n'attendirent pas que les autorités compétentes eussent fait un sort à la requête.

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(Montpellier - Citadelle, bâtiment A)

Voulant les mettre en présence du fait accompli, ils résolurent de s'emparer de la Citadelle par la force. La garnison se composait de... huit soldats du régiment de Bresse ! Dans la nuit du 1er au 2 mai, nos jeunes gens, fusil au poing, tentèrent l'escalade. Hélas! Les échelles étaient trop courtes! Ils coururent au pont-levis, le trouvèrent levé et n'eurent aucune peine à désarmer le corps de garde car les soldats avaient reçu de M. de Bouzols, commandant de la province, l'ordre d'éviter la bataille. Dès le matin, plutôt embarrassés de leur conquête, ils remirent la Citadelle à la garde nationale.

16.03.2009

De Montpellier à Sète - Un incident sur la voie ferrée

Les premières années du chemin de fer sur la ligne de Montpellier à Cette connaissent plusieurs incidents. La voie ferrée ne comporte alors qu'une seule voie. L'épisode relaté ci-dessous nous donne une image de ce qu'était cette époque.

On nous écrit de Cette, le 17 septembre 1839

Le chemin de fer avait amené pour une grande fête une partie de la population de Montpellier. L'administration du chemin de fer, avait doublé ses départs et ses convois, tant était grande l'affluence.

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(Cette - Gare des voyageurs, étang de thau, les usines de pétrole de St Gobain de balaruc)

Rosemary me signale que, sur la carte ci-dessus, il ne s'agit pas de l'usine St Gobain de Balaruc qui se trouve à environ 4 ou 5 kilomètres de Sète, mais de l'usine "Le Creusot" de Sète.

Il y a eu des départs de nuit, et ceux-là out été remarqués par un peu plus de confusion. L’un des convois est resté plus de temps qu'à l'ordinaire; il venait de quitter Cette vers neuf heures et demie, lorsqu'il fut rencontré par une locomotive qui revenait de Montpellier à vide, pour remorquer au besoin les convois retenus. Ne traînant rien après elle, sa vitesse était prodigieuse; son conducteur, ainsi que celui de la locomotive du convoi ne se virent pas assez à temps pour arrêter l'un et l'autre les machines, et un choc devint inévitable. Il ne fut pas heureusement aussi violent qu'on eût pu le craindre. Les voitures du convoi ne ressentirent qu'un léger contre-coup, comme si une pierre se fût trouvée sur les rails du chemin de fer. Le premier soin du mécanicien de la locomotive, marchant ainsi seule, avait été de lui donner le mouvement en arrière, et de sauter à terre, ainsi que son chauffeur.

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(Montpellier - Intérieur de la gare PLM)

La machine, ainsi libre et dégagée, ne sortit pas cependant de la voie où elle devait se mouvoir; mais obéissant au mouvement rétrograde qui lui avait été imprimé, elle s'enfuit vers Montpellier avec une plus grande rapidité encore. Revenus de leur première surprise, les deux mécaniciens se mirent à courir après mais pour cela la vitesse de l'homme était loin de suffire. Ils décrochèrent la locomotive du convoi demeuré en panne. C'était un spectacle assez curieux de voir ainsi deux machines à vapeur courant l'une après l'autre; ils la rattrapèrent à une lieue de Montpellier, et la ramenèrent à Cette, où ils reprirent le convoi attardé.

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(Montpellier - La gare)

Cet incident, qui heureusement n'a eu aucun fâcheux résultat, a servi d'épreuve à ces deux locomotives, d'origine anglaise. Le chef des mécaniciens, chargé de leur entretien et de leur surveillance, est pareillement Anglais; et comme il est jaloux de prouver son zèle, qu'en outre il a quelque peu de l'amour-propre d'un artiste, il était désolé de cet accident, et ne parlait rien moins que de se brûler la cervelle.

 

23.02.2009

Montpellier - 11ème congrès de la mutualité

La visite d'un président est toujours un événement. Le président Poincaré se rend à Montpellier pour assister au Congrès National de la Mutualité du 24 au 31 mars 1913. Il a pour thème l'hygiène sociale.

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(Montpellier - XIème Congrès National de la Mutualité, réception de M. Poincaré au Peyrou par un cortège de jeunes filles en costume local (Grisettes) )

Cher Marcel,
J'ai fait un bon voyage et à mon arrivée, j'ai été fortement surprise car Madame était rentrée à midi mais elle ne m'a rien dit car elle ne m'attendait qu'aujourd'hui. Vendredi au contraire, elle m'avait écrit pour que je reste encore un jour de plus avec vous mais cette vieille mule s'est très mal expliquée dans sa lettre. Enfin, tant pis je suis ravie d'être venue et je pense que tu n'as pas trop langui aujourd'hui et que tu es sage au bureau et ne fais pas de sottises aux moins. Dauria va bien et nous envoie à tous ses meilleures amitiés et à toi de gros baisers. Maintenant que me voici rendue, il fait beau temps. Bien le bonjour et grands remerciements de la famille Sully qui vous attend avec impatience. Embrasse pour moi papa et maman, mémé et amitiés à tout le monde. Remets cette carte à M. Dumas. Bonne fête pour dimanche

Ta soeur qui t'embrasse bien fort
Emma
A bientôt des nouvelles

Adieu concierge

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(Montpellier - XIème Congrès National de la Mutualité, Visite à la clinique chirurgicale mutualiste)

26.01.2009

Montpellier - Lycée de jeunes filles (4ème partie)

Dernier volet consacré au lycée de jeunes filles de Montpellier, actuel lycée Clémenceau, pour visiter quelques classes supplémentaires accompagnés de mes souvenirs des années 80.

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(Montpellier - Lycée de jeunes filles, cour d'histoire naturelle)

100 ans après sa construction, l'intérieur des bâtiments avait vieilli. Certaines cloisons étaient fissurées au point que nous voyions les élèves de la salle voisine. Les planchers étaient en bois. Parfois, les planches avaient craqué et elles avaient été renforcées par des plaques en ferrailles. Ces plaques en fer étaient percées d'un trou rond de la taille d'un pied de chaise, donnant directement dans le vide. Je vous laisse le soin d'imager si les coïncidences entre un pied de chaise et un trou dans le plancher était le fruit d'un coïncidence ou d'un acte malveillant.

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(Montpellier - Lycée de jeunes filles, salle de dessin)

Une des salles du rez-de-chaussée était en amphithéâtre. C'était le dernier vestige de l'allure originelle des salles. Cette salle servait habituellement de salle d'étude, elle était toujours ouverte. L'amphithéâtre était constitué de telle sorte que le siège du banc de la rangée de devant était le support de la table de la rangée de derrière. Avec le temps, les bancs-tables avaient pris énormément de jeu. Aussi lorsque les élève s'asseyaient devant, ils ramenaient vers eux la table des élèves du rang de derrière. Les cahiers s'en trouvaient balaffrés et cela suscitait quelques disputes. Je me souviens encore de ces graffitis sculptés das le bois, des initiales, des coeurs, des tracés au compas, etc... ou encore ces dates 1952, 1927, 1896 ..., témoignage des générations qui se sont succédées dans ces classes.

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(Montpellier - Lycée de jeunes filles, classe de 2nde A, 1924-1925)

La photo de classe avait généralement lieu dans la cour de l'externat, le parc dont j'ai parlé dans ma précédente note. Chacun s'organisait pour rester à côté de ses copains de ses copines, malgré parfois les différences de taille qu'il fallait respecter, à la demande du photographe, pour la beauté de la photo.

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(Montpellier - Lycée de jeunes filles, les élèves de l'externat, 1924-1925)

Afin de rassurer les futurs élèves et leurs parents, le lycée a été entièrement renové peu de temps après mon bac. J'ai eu l'occasion d'y passer au début des années 90 et il avait été complètement transformé et mis aux normes.

 

15.12.2008

Montpellier - Lycée de jeunes filles (3ème partie)

Suite à plusieurs demandes, je vais rajouter deux notes sur le lycée de jeunes filles de Montpellier qui complèteront les deux précédentes:

N'ayant pas d'autre texte à vous livrer pour documenter ces cartes postales, je vais vous livrer mes souvenirs de ce lycée qui fût le mien au milieu des années 80. Cette avant dernière note concerne la cour et le parc délimités des 4 coins par les bâtiments.

Du côté de l'avenue Clémenceau, il y avait le parc. Quel plaisir de réviser ses leçons à l'ombre de ces arbres centenaires. Maths, histoire, français, ..., c'était plus agréable que d'aller au CDI ou en salle d'étude. Les bancs encore intacts étaient bien souvent pris d'assault.

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(Montpellier - Lycée de Jeunes Filles, externat, vue des jardins)

Le jardin des années 30 avait bien souffert, surtout pendant les événements de 1968, qui avait vu disparaître les bordures de protection autour des arbres et les quelques fleurs rescapées de l'après guerre.

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(Montpellier - Lycée de Jeunes Filles, un coin du parc)

Dans cet espace végétal, je me souviens d'un mini-figuier, une sorte de bonzaï naturel qui avait trouvé suffisamment de ressources vivrières au creux de ce qui devait être un chêne ou un hêtre. Il ne risquait pas grand chose à quelques 4 ou 5 mètres de haut et je l'observais depuis le corridor du premier étage.

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(Montpellier - Lycée de Jeunes Filles, cour de l'externat)

Le parc de l'externat était séparé par un mur surmonté d'une grille, de la cour de récréation ou de l'internat. Cette cour fut sans doute transformée en même temps que fût supprimé l'internat. De toute cette végétation et de cette décoration, je ne me souviens que des platanes. Entre les arbres, nous avions des terrains de voley et de Basket qui nous permettaient de nous défouler sans avoir à aller au stade Sabaté qui n'est pas tout près.

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(Montpellier - Lycée de Jeunes Filles, cour de récréation)

On m'a raconté, mais je ne sais si c'est vrai, qu'il y a sous la cour une cave qui a servi d'abri anti-aérien pour les habitants de ce quartier de Montpellier, durant la seconde guerre mondiale.

24.11.2008

Montpellier - Les débuts de la faculté de Médecine

L'université de Médecine est indissociable de la ville de Montpellier. Ce petit texte nous montre aussi que les préoccuppations des étudiants n'ont pas beaucoup changées depuis les temps anciens. Pauvreté et exil sont des contreparties à l'acquisition du savoir. Mais plus curieux encore est cette période de six mois durant laquelle le futur licencié devra exercer son talent sous l'oeil d'un maître: c'est tout simplement un stage.

Notes du professeur VIRES de la faculté de Médecine de Montpellier

C'est parce que son industrie et son commerce lui amènent beaucoup d'étrangers que Montpellier devient aussi une ville d'écoles. C'est un maître de Plaisance qui y enseigne le droit pour la première fois; et les médecins montpelliérains étaient élèves des Arabes et des Salernitains. A quelque époque reculée que l'on remonte, on trouve à Montpellier des écoles de Médecine. Sur cette terre que nous foulons, où avaient passé les Phéniciens et les Grecs, les Romains et les Arabes, une importante agglomération urbaine se forme au VIIIe siècle après la chute de Maguelonne. Dès sa naissance, la jeune ville de Montpellier est industrielle et bienveillante aux étrangers. Placée à mi-chemin de l'Espagne et de l'Italie, près de la mer, à la rencontre de toutes les routes de la civilisation, elle profite du réveil qui marque, après la chute de Rome, l'ère des temps nouveaux.

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(Montpellier - L'école de Médecine)

Les étudiants se répartissent en deux groupes. Les uns vivent dans les couvents, avec les moines; ils y étudient la médecine et la pharmacie; ils sont les hôtes des collèges fondés par les amis de l'Université. Les autres, les étudiants libres, établis sur la colline qui, de la tour Sainte-Eulalie, se penche jusqu'à l'église Saint ­Mathieu vivent une vie ardente et agitée, redoutable à la maréchaussée et à la bourgeoisie; ils viennent d'Es­pagne et d'Italie, des bords du Rhin et du Danuhe, du fond des Allemagnes et de toutes les parties de la Fran­ce. Ils sont là, un millier environ, attirés de tous les coins du monde dans cette école qui représentait bien, dans l'Europe morcelée, par sa doctrine traditionnelle et son organisation hiérarchisée l'unité intellectuelle, scientifique et morale. Maîtres et étudiants s'agitent, bruyants et ambitieux. Mais amusements et distractions, batailles et bagarres ne viennent qu'au second plan. L'étudiant médiéval consacre à l'étude la plus grande partie de son temps et il a pour cela de bonnes raisons: il vient s'instruire au prix d'énormes sacrifices; il a dû accepter souvent des privations de tout ordre: la pau­vreté, l'exil; il remplit les plus humbles emplois pour gagner sa vie matérielle et les quelques pécunes nécessaires pour payer ses professeurs. Avant tout, il veut travailler et il ne paiera le maître qu'autant que la denrée offerte par ce dernier lui sera précieuse et profi­table.

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(Montpellier - L'université)

De là cette organisation, excellemment démocratique, qui donne aux étudiants la place prépondérante dans l'organisation et le mode d'enseignement de l'Université, le droit de surveillance, le droit de contrôle sur les maîtres. Il n'y avait qu'une façon d'enseigner: le professeur lisait, c'est-a-dire prenait pour base de sa leçon le texte latin de l'auteur grec ou arabe et se contentait de le commenter après l'avoir lu : aussi ces leçons s'appe­laient-elles des lectiones. On comprit bientôt que l'étu­de des textes et leur discussion ne suffit pas pour con­naître les maladies et les guérir, qu'il y faut joindre la pratique personnelle et l'observation. On décida alors que le bachelier, avant de se présenter à la licence, serait tenu d'exercer son art pendant six mois, loin de la ville, sous la direction d'un praticien expérimenté.

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