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20/04/2009

Montpellier - Prise de la Citadelle en 1790

On a souvent tendance à croire que la Révolution ne s'est faite qu'à Paris. Mais les villes de province ont aussi eu droit à leur lot de manifestations. En 1790, la ville de Montpellier est le théâtre d'un événement que l'on a tendance à rapprocher à la prise de la Bastille.

Extrait de "De Maguelone à la Cité", 1948, THOMAS et SEGUI

Le 5 février 1790. un groupe de militants montpelliérains se réunissaient chez le fils Delon. Il s'agissait de constituer un club qui rassemblerait tous les fervents de la Révolution.

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(Montpellier - La rue Nationale)

Le club vit le jour quelques semaines plus tard sous le nom de « Société des Amis de la Constitution et de l'Egalité », et la plupart des notables du Clapas - plus de quatre cents - s'y firent inscrire malgré le chiffre élevé de la cotisation. Il s'installa dans l'hôtel Flaugergues, à l'angle de la rue de la Croix-d’Or et de la rue du Cardinal, l'actuelle rue de la Loge.

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(Montpellier - Caserne du génie)

Jaloux des lauriers des patriotes parisiens, les militants de la Société populaire demandèrent, dès le mois d'avril 1790, que la Citadelle, « réceptacle de mort et de captivité », fût rasée. Une vingtaine de jeunes Jacobins, bouillants d'impatience, n'attendirent pas que les autorités compétentes eussent fait un sort à la requête.

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(Montpellier - Citadelle, bâtiment A)

Voulant les mettre en présence du fait accompli, ils résolurent de s'emparer de la Citadelle par la force. La garnison se composait de... huit soldats du régiment de Bresse ! Dans la nuit du 1er au 2 mai, nos jeunes gens, fusil au poing, tentèrent l'escalade. Hélas! Les échelles étaient trop courtes! Ils coururent au pont-levis, le trouvèrent levé et n'eurent aucune peine à désarmer le corps de garde car les soldats avaient reçu de M. de Bouzols, commandant de la province, l'ordre d'éviter la bataille. Dès le matin, plutôt embarrassés de leur conquête, ils remirent la Citadelle à la garde nationale.