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10/08/2009

Montpellier - Les statues de Lapeyronie et de Barthez

Note tirée de Les statues de Lapeyronie et de Barthez à Montpellier, 1865, E.F. BOUISSON

Le 15 novembre 1864.

Des drapeaux flottants aux fenêtres, la présence de la musique du 3ème génie, tout annonçait qu'un motif de plus attirait une nombreuse assistance pour la séance de rentrée des Facultés. Après les nombreux discours d'usages, le professeur DUPRE se plaça au pied de la statue de BARTHEZ:

Paul Joseph BARTHEZ, dont ce bronze représente l'image, est un de ces hommes notoirement historiques. Il occupe une place avancée au milieu de ces intelligences supérieurs que le 18ème siècle a vu naître. Unissant l'esprit pratique au génie de la spéculation, BARTHEZ fut le plus grand médecin et le plus grand professeur de son temps. Il appartient au Languedoc par sa famille, à Montpellier par sa naissance (1734), à notre faculté par l'éclat qu'il a donné à son enseignement. Doué d'une aptitude originelle peu commune, BARTHEZ était docteur à 19 ans et quittait Montpellier pour Paris. A 21 ans, il entrait dans le corps illustre de la médecine militaire. A 27 ans (1761), il fut nommé professeur à l'université de Montpellier. Pendant 20 ans, il enseigna les diverses parties de l'art de guérir avec un tel éclat qu'il forçait l'admiration. Il avait pourtant à lutter contre des difficultés réelles. Son visage était disgracieux, sa taille au-dessous de la moyenne, sa vue basse, sa voix faible et d'un timbre aigu. Mais la vivacité de ses yeux, l'animation extrême de son visage, la prodigieuse mobilité de sa physionomie, compensaient ces imperfections. L'autorité remarqua bientôt un semblable enseignement et l'homme éminent fut placé à la tête de la compagnie et nommé chancelier en 1773. Déceptions et tourments successifs, il prit la résolution de quitter Montpellier en 1781. EN 1802, BARTHEZ était un des premiers inscrits sur la liste des membres de la légion d'honneur. La vie de BARTHEZ s'achevait à Paris en 1806.

En plaçant la statue de BARTHEZ à l'entrée de cet édifice, où depuis plus de cent ans domine sa pensée, nous ne craignons pas de céder à des sentiments que l'avenir ne saurait justifier.

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(Montpellier - Satues de Barthez et de Lapeyronie)

Après ce discours, M. BOUISSON se rendit à son tour auprès de la statue de Lapeyronie, et traça le tableau de cette belle existence:

Qui était donc cet homme qui s'est si fortement emparé de l'estime publique, qu'on ne se lasse point de célébrer ses mérites ? LAPEYRONIE appartient au grand siècle; il naquit à Montpellier le 15 janvier 1678. Préparé par de fortes études à diverses carrières, et un moment indécis entre la culture de l'histoire naturelle, celle des mathématiques et celle de la chirurgie, c'est sur cette dernière qu'il fixa son choix. A 24 ans, il était nommé chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Montpellier. Il fit partie de l'Académie des sciences de cette ville, alors placée au même rang que l'Académie des sciences de Paris. Guéri par Lapeyronie d'une maladie traitée sans succès par les médecins de la capitale, le duc de Chaulnes voulut que Lapeyronie exerça à Paris. Il fit plus, il acheta pour son compte et à son insu la charge de chirurgien de la prévôté, prélude à sa nomination presque immédiate aux places de professeur d'anatomie au collège de Saint-Côme et de chirurgien en chef de la Charité. Il devint ensuite le premier chirurgien du roi, Louis XV qui l'aima, le logea, lui donna des lettres de noblesse et ne refusa à ce dernier rien de ce qui pouvait contribuer aux progrès de la science et de la chirurgie. Lapeyronie mourut à Versailles le 20 février 1747.

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(Montpellier - La faculté de médecine)