Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

01/06/2010

Cessenon-sur-Orb - Le pont de Réals

La ligne de chemin de fer d'intérêt local Béziers-St Chinian traversait l'Orb sur un pont situé entre Lignan et Maraussan avant de rejoindre Cazouls-lès-Béziers. De Cazouls, la ligne rejoignait de nouveau l'Orb et longeait ses berges jusqu'à Cessenon. C'est entre ces deux villages que se trouve Réals: son chaos, sa gare et son pont.

cessenon-001.jpg
(Cessenon - Le pont de Réals)

Construit vers 1890, le pont de Réals a pour mission de relier Murviel-lès-Béziers à la gare de Réals et permet, plus loin, de rejoindre la route de Cessenon.

cessenon-002.jpg
(Cessenon - Le pont de Réals)

Construit à la fin du 19ème (1877), le chemin de fer d'intérêt local Béziers-Saint-Chinian aura une existence courte, comme beaucoup de lignes d'intérêt local, et son exploitation se terminera en 1968.
Le pont routier de Réals, lui, est toujours en service.

22/02/2010

St-Thibery - Le pont romain

Extrait de Les voies dites domitiennes de l'Hérault à l'Orb, J. Coulouma, 1941

D'après de nombreux archéologues, le pont romain de Saint-Thibéry aurait été construit par Domitien Ahenobarbus vers l'année 634 de Rome (120 av. J. C.), au moment où il établit la grande voie qui portait son nom sur l'emplacement de la Voie Héradéenne. Le passage de l'Hérault à Cessero est mentionné dans l'itinéraire d'Antonin, les Vases Apollinaires, la Table Théodosienne, l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, documents qui sont de date différente, du II au V Siècle de notre ère. Au moyen-âge le pont sur l'Hérault est cité dans un "déguerpissement" ou abandon que fait en 990 le Vicomte de Béziers, Guillaume, en faveur de l'abbaye de Saint-Thibéry.

st-thibery-001.jpg
(St Thibéry - Vue générale)

Dans les temps modernes, le pont romain a servi au passage des troupes jusqu'à sa destruction qui daterait, d'après la Géographie de l'Hérault, du début du XVIè siécle et, d'après les Fabre, de l'année 1683. Ces derniers auteurs indiquent que le passage des troupes a même continué par cette voie après cette date, la traversée de l'Hérault se faisant alors par des barques. En 1666 les états du Languedoc accordèrent à la communauté de Saint-Thibéry 1400 livres pour la réparation "du chemin royal qui passait sur le pont". En 1726, les consuls du pays, en se plaignant à l'intendant de l'état du chemin, indiquent que la communauté fournit huit hommes par bataillon "pour aider à passer les deux barques, depuis que le pont est rompu".

st-thibery-003.jpg
(St Thibéry - Vue générale)

A l'époque romaine et au Moyen-Age, l'Hérault était réuni dans son lit de droite, sous le pont. Au cours de la très forte crue de 1683, l'Hérault s'est divisé en deux bras et il a formé ainsi l'île des Bènédiclins, à la hauteur du village de Saint-Thibéry.

La longueur du pont, écrivaient les Fabre, en 1877, est de 30 mètres pour les cinq arches qui sont encore debout. On aperçoit, ajoutaient les auteurs de "l'Hérault Historique", dans les terrains de l'île, ancien domaine des Bénédictins, une des piles, la dernière probablement, qui permet de fixer à neuf le nombre des ouvertures principales de l'ancien pont.

Depuis cette date l'inondation de 1907 a fait disparaitre la cinquième arche dont il subsiste seulement les vestiges de la pile. Dans l'île nous n'avons pas retrouvé la dernière pile dont parlent les Fabre; par contre, de nombreuses pierres provenant du pont sont disséminées sur le talus de la rive gauche, ou réemployées dans un mur légèrement en amont. La superstructure du pont a été enlevée; il ne reste aucune saillie, ni décorations, qui permettent d'en réconstituer l'état primitif.

26/11/2007

Saint-guilhem le désert - Le pont du Diable

La légende du pont du Diable.

Ce pont, qui est presque millénaire, mérite bien un petit détour si vous passez dans le coin. Mais ne vous précipitez pas, laissez passer devant votre chien, votre chat, ou éventuellement votre pire ennemi, etc..., on ne sait jamais, si le diable revenait !

Extrait de "Le cycle de Guillaume d'Orange" de Joseph BEDIER, vers 1920 

Quant on vient d'Aniane, on rencontre d'abord, un peu avant Saint Jean de Fos, un petit cours d'eau, la Clamouse, qui se jette dans l'Hérault. C'est là l'entrée d'une gorge étroite, la gastine, le désert des poètes. Des escarpements de rochers dolomitiques, ça et là, découpés en aiguilles, la dominent, et l'Hérault, parmi ce "desrubant fier" s'est tracé sa voie. Aux abords de St Guilhem, un ruisseau, le Verdus se précipite de la montagne et creuse dans l'Hérault, un gouffre noir.

8fbfba4a83da86ea69c7fe9282fe925e.jpg
(Saint Jean de Fos - Clamouse et ses sources) 

Un pont jeté sur cet abîme, a été construit à frais communs, entre 1025 et 1048, par les deux abbayes d'Aniane et de Gellone. Assis sur la pierre vive et bâti en pierres dures, il a, depuis neuf siècles, résisté aux crues. Je ne sais si les passants, comme les pélerins, continuent à jeter des pierres au démon emprisonné dans le gouffre, mais le pont garde ce nom: le pont du Diable. 

ac29e8eb911b78b24af1130aa598cfea.jpg
(Le pont du Diable et l'Hérault, à la sortie des gorges de Saint-Guilhem-le-désert) 

Le folklore local y voit toujours l'oeuvre de Saint Guillaume. Quant il vit que le diable renversait la nuit ce qui avait été édifié à grand peine pendant le jour, Guillaume finit par se lasser. Il appela le Diable et fit un pacte avec lui aux conditions ordinaires: le premier passager lui appartiendrait. Le Saint, plus rusé que Satan, fit connaître le marché à tous ses amis pour les préserver, puis il lâcha un chat qui, le premier, traversa le pont et dont le démon fut bien obligé de se contenter. Depuis ce temps, les chats appartienent au Diable et les chiens à Saint Guilhem.