12.05.2008

Lodève - Biographie de Fulcran

La biographie de Fulcran, évêque de Lodève au Xème siècle, donne une idée de la puissance de l'épiscopat au moyen-âge. A Lodève, comme partout ailleurs, l'ingérence des seigneurs dans leur élection donnait trop souvent à l'Eglise des ministres indignes. Il n'en fut cependant point ainsi lorsqu'en 949, mourut l'évêque Theodoric. Clergé, peuples et vicomtes s'accordèrent pour choisir un ancien clerc du diocèse élevé par theodoric. Le nouvel évêque était destiné à jeter le plus grand éclat sur Lodève. Il portait le nom de Fulcramne - sa signature l'établit - mais nous suivrons l'usage consacré depuis des siècles en lui donnant celui de Fulcran.

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(Lodève - La Cathédrale et l'ancien évêché) 

Fulcrand fut sacré à Narbonne le 4 février 949. Quelques années s'étaient écoulées depuis son intronisation lorsque la mésintelligence éclata entre lui et le vicomte Heldin. Les exactions de ce dernier ne laissaient pas le pontife indifférent aux maux de son peuple dont il prit la défense. Il en résulta une situation tendue et la rupture éclata à propos de la restauration de la cathédrale. Vaincu et fait prisonnier, Heldin ne recouvra la liberté que sur la promesse de restituer les biens enlevés à l'église de Lodève par lui ou par un de ses prédecesseurs.

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(Lodève - La Tour du portalet de Côtes) 

Les biographes ne tarissent point sur les vertus dont Fulcrand était orné: qualités du coeur et de l'esprit dont le souvenir est demeuré vivant durant 9 siècles. La tradition rapporte qu'une épidémie s'étant déclarée dans son diocèse, il se prodigua pour soigner ceux qui en furent atteints. Survint la famine, suite ordinaire de l'épidémie; Fulcrand distribua aux pauvres et aux malades tous les biens de ses domaines particuliers et, quand ils furent épuisés, il se rendit dans le Rouergue pour en acheter. Il aurait failli être victime d'un guet-apens dressé par le comte de Rouergue pour s'emparer des sommes d'argent qu'il portait mais pris de vives douleurs à l'approche de l'évêque, le seigneur aurait abandonné son entreprise.

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(Lodève - Place de la Bouquerie) 

Au commencement de l'année 1006, se sentant affaibli par l'âge et la maladie, il fit appeler auprès de lui ses amis et il leur annonça que l'heure de sa mort était proche. Quelques jours après, le 4 février, anniversaire de son sacre, il se fit porter dans la cathédrale, près l'hôtel Saint-Michel, afin de bénir son tombeau qu'il avait fait creuser là. Rapporté dans sa demeure, il fit les adieux à tout son clergé et mourut peu après, le 11 février 1006.

28.04.2008

Sète - Exploits de pirate

Extrait de "De Maguelone à la Cité", Ed. Causse, Graille et Castelau, Montpellier, 1948 

La côte languedocienne, rectiligne et bordée de lagunes, est fort inhospitalière et seul le port de Sète s'offre aux bateaux de quelque importance. Mais sur cette longue plage qui s'étend des Albères au Rhône, il est facile à des embarcations légères d'aborder. La surveillance est malaisée car rares sont les éminences susceptibles de porter observatoires ou défenses. C'est pourquoi, durant tout le moyen-âge, le golfe du Lion souffrit des attaques des corsaires aragonais ou génois et surtout de la piraterie Sarrazine. Pour tenir en respect les pirates, l'Intendant du Languedoc couronna Saint Clair d'une forteresse éphémère: Montmorencette.

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(Cette - Quai de la consigne: "La Santé")

Le 18 avril 1731, quatre bateaux sétois sortaient du port pour aller pêcher la sardine. Quinze pêcheurs les montaient, tous chefs de famille. Ils ne rentrèrent pas le soir. Le lendemain 19, on resta sans nouvelles. Le 20, on retrouva les 4 bateaux, abandonnés sur la plage du coté d'Agde. Ils furent ramenés à Sète par les étangs. L'un était percé. Un autre avait plusieurs de ses avirons brisés. A la proue d'un troisième, on remarquait des traces de coups de sabre. Il n'y avait pas de doute, les corsaires étaient passés par là. Cette constation jeta la désolation dans les familles des disparus et l'épouvante parmi les pêcheurs.

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(Cette - Retour de la pêche)

A Versailles, le ministre chargeait les commandants d'escadre de tous les vaisseaux qui devaient toucher dans les ports de la république de Barbarie, de se plaindre fortement à toutes ces républiques et de demander leur restitution, celle des dommages causés à ces pêcheurs et une punition exemplaire du capitaine des bateaux corsaires. Le ministre terminait sa lettre en insistant sur la nécessité pour les pêcheurs de ne point sortir sans autorisation écrite de l'Amirauté: "Munis de cette pièce, ils sont sous la protection du Roi et les pirates y regarderont à deux fois." . Les malheureux pêcheurs sétois disparus avaient laissé ces papiers à terre. 

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(Cette - Plage de la Corniche)

Dans le courant de juin, on avait eu des nouvelles des quinze pêcheurs. La galiote sarrazine qui les avait cueuillis les avait débarqués à Alger, et le consul de France, mis au courant, était aussitôt intervenu. Leur libération n'alla pas sans peine. Le corsaire soutenait que les prisonniers étaient Gênois: "S'ils étaient sujets du roi de France, ils auraint eu à bord le congé de l'Amirauté !". Il les déclarait de bonne prise. Le Dey, chef du gouvernement d'Alger finit par se rendre aux instances du consul, mais prétextant la bonne foi du corsaire, il se dispensa de le punir.

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(Cette - La pêche, au port) 

14.04.2008

Palavas - Le bac sur le canal

En France, la population est quasi éqitablement divisée entre la droite et la gauche. A Palavas, ce sont les rives droite et gauche qui sont séparées par le "canal" qui n'en est pas vraiment un puisqu'il s'agit de l'embouchure du fleuve Lez. Comment passer d'une rive à l'autre ? Début 1900, il fallait passer le bac. Rien à voir avec les études secondaires. Le bac à passager était une barque à fond plat, relativement rectangulaire avec une toile pour abriter les "estivans". De nos jours un transbordeur aérien a remplacé le bac.

 

Sur cette photo, remarquez le quai d'ammarage du bac sur lequel attendent les clients et le bac qui arrive. 

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(Palavas-les-flots - le casino) 

Bien chère Madame ASTIER,
Je suis rentrée de Laval lundi à 11 heures du soir. Papa est revenu nous chercher comme nous vous l'avions promis. Nous viendrons vous voir bientôt. Si rien ne nous dérange, nous arriverons pour la fin de cette semaine. D'ici là, nous vous enverrons une carte. Je languis de vous voir. En attendant, je vous embrasse mille et mille fois. Nous avons madame Mounier qui vous envoie un affectueux bonjour.
Votre amie Anna.

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(Palavas-les-flots - Le Bac) 

 

08.04.2008

Le carnaval et la danse du soufflet

Avec l'arrivée des beaux jours, c'est le moment des festivités qui pointe le bout de son nez.
Merci à Marc pour la carte postale de la Buffatière.
 

Le carnaval 

L'hiver est fini, le printemps annonce les beaux jours, la renaissance de la végétation. C'est le moment du carnaval. Si le rite a quelque peu évolué au cours des ans, le spectacle est toujours au rendez-vous. Au début du XXème siècle, le carnaval était associé aux fêtes de la charité. 

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(Montpellier - Carnaval de 1909) 

Comité permanent des fêtes de charité
Carnaval 1909, 1er prix
"Riquet à la houpe" par Louis THEROND

 

La buffatière ou danse du soufflet

Armés d'un soufflet rempli de farine et tout de blanc vétus, les danseurs sont en file indienne et arrosent de farine alternativement celui qui les précède et celui qui les suit (et occasionnellement la foule qui regarde). Cette danse se pratique encore dans l'Hérault (Bessan, Roquebrun et parfois Pézénas), dans la région de Lacaune(81) à Saint-sever-du-moustier(12), à Barre(81) et dans le Rouergue (Brusque).
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(Barre, Tarn - La Buffatieïro)
 
La buffatieïro dansée par la "vieille jeunesse" le 15 août, jour de la fête patronale. 

31.03.2008

Pâques et le 1er avril

Cette note en guise de pause pour marquer les fêtes de pâques et le premier avril.

 

Les oeufs de pâques

Il y a un demi-siècle, les enfants parcourraient les fermes de leur commune pour se faire offrir des oeufs. Les oeufs ainsi récoltés leur permettaient de cuisiner la fameuse omelette de Pâques.

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De nos jours, les oeufs que collectent les enfants sont plus souvent en chocolat.

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Le premier avril 

Autrefois, il était habituel d'envoyer le 1er avril, une carte anonyme à une personne que l'on appréciait beaucoup. A réception, il fallait répondre et ne pas se tromper d'expéditeur sinon, gare !

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(Un poisson vaut bien un baiser
Venez bientot me le donner) 

Devinez qui vous l'envoie ! Devinez qui vous écrit !

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(Faites bon accueil à ce rien
de quelqu'un qui vous veut du bien)

17.03.2008

Saint-Guilhem - Le château du Géant

Le site le plus visité de tout le département de l'Hérault, avec près de 300 000 visiteurs chaque année, est l'abbaye de Gellone à Saint-Guilhem. Blotti au confluent d'une petite vallée et du fleuve Hérault, au milieu des gorges, ce site est remarquable de beauté. Un patrimoine à découvrir impérativement si vous venez dans le département. 

Extrait de Le cycle de Guillaume d'Orange de Joseph BEDIER, 1908

Les hommes du XIIème siècle reconnaissent en Guillaume d'Orange, un certain personnage du temps de Charlemagne qui, sur la fin d'une longue vie guerrière, se rendit moine et mourut dans le cloître en odeur de sainteté. Ce saint serait mort à Saint-Guilhem du désert

Au milieu du bourg, s'élève la belle église de Saint-Guilhem dont la nef principale date du XIIème siècle, mais dont les assises sont carolingiennes. On y vénère encore quelques parcelles des reliques du Saint: jadis, on y montrait son tombeau.
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(Saint-Guilhem le Désert - L'église, ancienne abbaye de Gellone) 

Un piton de 275 m d'altitude surplombe le bourg: à la cime, on voit une tour et les restes d'un château-fort, qui servait sans doute de refuge en cas de péril aux moines de l'abbaye; à mi-côte une tour carrée, qui doit être le castel du moniage Guillaume; aujourd'hui on l'appelle, et c'est une survivance de la légende, le cabinet du Géant. 

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(Saint-Gulihem le Désert et le château de Dom Juan) 

10.03.2008

Lespignan - L'habitation languedocienne

Pour illustrer l'habitat languedocien, j'ai choisi un village du biterrois, Lespignan, mais ces descriptions s'appliquent à tous les villages de la plaine viticole: des maisons de villages et des maisons vigneronnes.

Extrait de La plaine du Languedoc, 1906, Max Sorre

Dans un pays où les matériaux de construction ne sont jamais très éloignés et sont à peu près partout les mêmes, l'appareil ne présente pas de grosses différences. le moellon calcaire et la tuile jouent un rôle essentiel dans la construction; la brique intervient à titre secondaire. L'habitation en dalles schisteuses, posées à plat les unes sur les autres, n'apparaît qu'en pays cévenol. Quant aux constructions par assises alternantes de briques et de cailloux roulés, elles sont localisées sur le plateau de Saint-Gilles.

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(Lespignan - Les écoles) 

Dans les parties anciennes des villages languedociens, des maisons de types uniformes, à un ou deux étages, avec une ou deux pièces sur chaque pallier, une porte étroite voilée par la moustiquaire, et rien de plus. La demeure est aussi peu rurale que possible. Les caves, d'ailleurs exigües, les écuries, quant il y en a, se réfugient par derrière, dans des cours infectes. C'est là le logement habituel des ouvriers agricoles non propriétaires.

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(Lespignan - Avenue de Nissan) 

Les maisons édifiées au cours du siècle dernier, surtout dans les parties excentriques des villages, sont bien différentes.  Prenons comme exemple, dans le biterrois,une habitation correspondant à une petite ou à une moyenne exploitation soit 3 ha à 3 ha 1/2. Au rez-de-chaussée, un grand portail, une porte et une fenêtre. Le grand portail, cintré ou muni de glissières, donne accès à la cave. Celle-ci contient les foudres et le matériel vinaire et occupe la moitié de la superficie du plan. La porte de la façade s'ouvre dans la cuisine: les chambres sont au premier étage. Il arrive naturellement que la cave envahisse tout le rez-de-chaussée: alors la maison se surélève d'un étage. L'emplacement de la cuisine est très variable. Lorsque la cave est assez vaste, on en aménage un coin pour le cheval, sinon on construit sur le côté un bâtiment annexe, ou bien on loue une écurie séparée sur un point quelconque du village. le tas de fagot reste sans couverture devant la maison.

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(Lespignan - la mairie) 

Les habitations étant le plus souvent accolées à d'autres le long d'une rue, il est difficile de rien dire de leur orientation. Si on le peut, on évite l'orientation au Nord à cause du vent. Il va de soi que le toit à angle très ouvert, presque à plat, est de rigueur sous ce climat.

03.03.2008

Béziers - Le grand sculpteur INJALBERT

Artiste reconnu de son vivant, l'héraultais INJALBERT n'a pourtant pas eu la gloire posthume qu'il aurait mérité. Ses oeuvres d'une remarquable qualité ont pour la plupart traversé le siècle. On les retrouve à Montpellier, Béziers, Pézenas, mais aussi à Paris à Reims, Valence, etc... Un artiste régionnal dont les oeuvres méritent une plus grande attention.

Extrait d'un fascicule des années 1920 

Jean Antoine INJALBERT, né en 1845 à Béziers, fut élève de l'école des Beaux-Arts de Paris. Il obtint le prix de Rome en 1874 avec une Douleur d'Orphée; il donna au salon de 1877 un grand bas-relief la Tentation; en 1878, il exposa un Christ en croix (musée de Reims). INJALBERT a le don de la vie, parfois exhubérante; une fougue qui approche souvent de la puissance. Ses marbres définitifs gardent l'accent d'une maquette emportée. Tel est surtout le Titan qui décore une grande fontaine de Béziers.

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(Béziers - Fontaine du Titan, vue d'en bas) 

Pourtant, l'artiste sait parfois serrer les formes: son Hippomène (1886) au musée du Luxembourg est fin, nerveux et sobre. Citons l'Hérault, l'Orb, Le Lez pour le vestibule de la préfecture de Montpellier; les deux groupes d'Enfants aux lions pour la promenade du Peyrou, le fronton du théâtre de Montpellier.

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(Montpellier - La place de la Comédie et le Théâtre) 

Cette tendance au style décoratif le désignait pour l'exécution de monuments. De là les quatre figures féminines du Pont Mirabeau à Paris (1897), le monument de Molière à Pézenas (1897), le fronton du Petit Palais de l'exposition de 1900 qui groupe la Seine, Paris, les arts et les figures symboliques des deux mers, enfin le Monument aux morts dans le jardin des poètes à Béziers.

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(Béziers - Plateau des poètes et allée du lac) 

 

26.02.2008

Pégairolles - le pas de l'Escalette

Le Larzac, immensité quasi-désertique, est désormais traversé par une autoroute. Et, à la vue des ouvrages d'art que l'A75 a nécessité, on devine un relief particulier: le viaduc de Millau, plus haut du monde et le tunnel du pas de l'Escalette sont les grandes réalisations de cette voie de communication. Quel chemin parcourru depuis les petites échelles d'il y a 200 ans!

Extrait du guide Joanne, Hachette, 1920 

Après avoir franchi le Tarn sur le pont de Millau, la route tourne à gauche et s'élève par d'énormes lacets sur le front du Larzac; de cette côte du Larzac (350m au dessus de Millau), on découvre une vue magnifique sur les vallées du Tarn et de la Dourbie. Parvenus à une hauteur considérable au dessus de la Dourbie, la route tourne au sud, au flanc d'un ravin latéral et débouche sur le Larzac, le plus vaste des Causses (103 000 hectares), une immense table de pierre qui chevauche sur les deux versants de l'Océan et de la Méditerranée et qui ondule entre 750 et 900 m.

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(Gorges du Tarn - Le détroit) 

Arabie pétrée en été, Sibérie en hiver, revêtu jadis de grandes forêts dont il ne reste que des lambeaux, c'est aujourd'hui un désert de pierres, inculte, sauf dans les creux avoisinnants les villages; mais l'herbe courte et sèche de ses pâturages nourrit en été d'inombrables brebis dont le lait sert à la fabrication du fromage de Roquefort et dont la laine alimente les manufactures de draps de l'Hérault et du Tarn. Par endroits, on voit de grands entonnoirs, avens ou tindouls, s'ouvrir dans le calcaire jusqu'à d'effrayantes profondeurs.

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(Le camp du Larzac - le parc d'artillerie et les voitures fourragères) 

La route longe à gauche le camp du Larzac et laisse à droite un dolmen. Au delà du Caylar, elle commence à descendre par un petit vallon peu profond et, tournant tout à coup, traverse la courte brêche rocheuse du Pas de l'Escalette, magnifique porte ouverte dans le front sud du Larzac. la route se trouve alors suspendue en corniche au flanc des falaises à une énorme hauteur (610 m) au dessus de la vallée de la Lergue creusée en gouffre au pied du Causse.

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(Environ du Caylar - Passage de l'Escalette) 

On domine à pic un magnifique cirque de verdure couronné de grands entablements calcaires où la Lergue, née sur le plateau, tombe à droite en cascade d'un fissure analogue à celle où la route passe. Il y a un siècle, on descendait du plateau par de petites échelles placées contre les rochers à pic, d'où le nom de "Pas de l'Escalette".

18.02.2008

Saint-Pons - Jour de foire

La ville de Saint-Pons, ancienne ville épiscopale, qui possède une des seules cathédrales ayant sa façade flanquée de la devise républicaine: liberté, égalité, fraternité, est située au pied des montagnes du Haut-Languedoc. C'est donc tout naturellement que cette petite ville a servi de base marchande à tous les artisans et commerçants de la montagne noire, un artisanat d'ailleurs très riche comme on peut le lire sur ce texte de la fin du 19ème siècle.

Retrouvez l'intégralité de ce texte sur gallica:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64521h/f195.table 

Extrait de Taillevent, de Ferdinand FABRE 

La foire, caquetante, beuglante, hélante, chevrotante, piaillante, était répandue à travers la ville entière. Toutefois, elle occupait deux quartiers principalement: celui de la place de la Cathédrale et celui de la promenade des Ormes. Ici les gros draps de Mazamet, les molletons pellucheux de Colombières, les serges rudes de Saint-Chinian, les toiles bucheuses de Salvergues, la bonneterie à raies multicolores, à pompons rouges de Lacaune, les faïences grossières de Caux, les clous primitifs de Graissessac, toute espèce d'étoffes, de ferrailles, d'objets lourds, bizarres de formes, indispensables aux habitants des sommets.

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(Saint-Pons - Promenade des tilleuls, la cathédrale et la devise républicaine) 

Là-bas, les indiennes éclatantes de Marseille, les foulards soyeux de Nîmes, les fichus à bordure ajourée de Grenoble ou d'Avignon, la coutellerie de Langres. Puis, sous de grandes vitrines, des verroteries, des bijoux, des affiquets arrivés de pays inconnus, débités avec force gestes par des hommes baragouinant le français et le patois d'un accent étranger qui ne laissait pas d'être fort génant pour les petites bourgeoises de St-Pons ou les fermières riches de la montagne, le moment venu de se renseigner sur l'objet choisi, d'en débattre le prix, d'obtenir un rabais.

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(Saint-Pons - Vallon de Ponderach, le viaduc et le train) 

Le long de la route de Castres, les galoches, les sabots versés sur la voie à charrette pleine, formaient des amas montueux. Ces galoches et ces sabots, les uns pointus du bout, les autres carrés offraient un spectacle des plus curieux. Autour de ces tas sans cesse croulant sous des mains acharnées à les éparpiller, les groupes grouillaient. Quels bons coups de langue les femmes administraient au sabotier leur passant un pièce ou mal venue, ou tant soit peu fendillée! En essayant les galoches, en allongeant la monnaie, en marchandant, elles avaient des plaintes, des réclamations, des reproches, des cris de pies perdues dans les oseraies de l'Agoût. Les hommes, eux, ne soufflaient mot, logeaient leurs pieds dans les sabots vaille que vaille, payaient, poursuivaient à travers la foire, entraient au cabaret... Oh! Les cabarets, quel vacarme de chansons vociférées à pleine gorge ils jetaient à travers les rues par les fenêtres et les portes ouvertes à deux battants!

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