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30/11/2009

Fraïsse-sur-Agoût - Lou tétaïre

 

Extrait de Histoire de Fraïsse-sur-Agoût, 1950, Albert PRIVAT

Autrefois, les familles de dix et douze enfants n'étaient pas une exception. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui, on ne rencontre en moyenne que un ou deux enfants par ménage. L'égoïsme des parents a préféré le bien-être, pour ne pas dire le luxe, aux joies de la famille.

L'enfant venait au monde sans réjouissance bien apparente de la famille; les garçons toujours préférés aux filles, les parents supputant dejà le parti qu'ils en pourront tirer. Pour rien au monde, jusqu'au moment des relevailles, que l'on désignait sous le nom de Aousi messo, la jeune mère ne sortait jamais de la maison, dominée par le préjugé absurde que l'accouchée court à tout instant le danger d'être mordue par un chien, piquée par un serpent.

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(Fraisse-sur-Agout - Jour de foire)

On recourait parfois aux services d'un individu surnommé lou tétaïré, lequel exerçait une bizarre profession peu répandue en France. C'était souvent un miséreux, sans âge bien déterminé, parcourant le pays partout où on lui signalait une naissance. Le nourrisson a souvent du mal à prendre le sein maternel, au début. Le tétaïré, façonneur à sa manière, facilitait la tâche future du jeune bébé par des succions savantes. Son rôle terminé, hien payé, on lui servait un repas plus copieux que celui qu'il venait de faire, et il partait en quête d'une nouvelle naissance.

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(Fraisse-sur-Agout - Avenue du pont)

Les baptêmes se passaient bien simplement avec le cortège habituel du parrain et de la marraine auxquels on adjoignait lou pail!assou et la paillassouno, couple enfantin.